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Élevage Bruxelles veut créer une plateforme européenne sur les grands carnivores

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Les services de l’environnement de la Commission européenne proposent d’instaurer, entre les parties concernées, un « dialogue structuré » au niveau de l’UE sur les conflits créés dans certaines régions par la présence de grands carnivores, le loup et l’ours brun notamment.

La mise en place d’une plateforme au niveau de l’UE est proposée par la direction générale de l’environnement de la Commission de Bruxelles pour permettre un « dialogue structuré » entre les acteurs concernés sur les conflits déclenchés par « la coexistence avec de grands carnivores » : ours brun, loup, lynx, carcajou. Ce projet devait être soumis le 5 décembre lors d’une réunion des parties intéressées, la deuxième après une première rencontre organisée en janvier.
 
Dégager des solutions communes
L’objectif est de rassembler, de façon volontaire, les représentants des principales organisations impliquées dans ce dossier, y compris, éventuellement, des pouvoirs publics, qui accepteraient de débattre de la conservation et de la gestion durable des différentes espèces de grands carnivores. La plateforme proposée par les services de la Commission aurait pour mission principale de trouver les voies et moyens pour minimiser et, quand cela est possible, éliminer les conflits entre les « intérêts humains » et la présence de ces animaux, grâce à des échanges de connaissances, dans le but de dégager des solutions communes.
Les participants tiendraient une réunion annuelle, jusqu’à mi-2016 dans un premier temps. La plateforme serait lancée lors d’un évènement en juin 2014 à Bruxelles.
 
Loup : une dépense globale de 8 millions € en France en 2011
Sur la base d’études externes et des estimations les plus récentes (2010, 2011 ou 2012), la direction de l’environnement de la Commission évalue par exemple à 32, soit plus de 250 animaux, le nombre de meutes formant la population alpine de loups, dont 70 % en France, 25 % en Italie et 5 % en Suisse. Une population en augmentation sur la période 2006-2011 et jugée « en danger » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Pour l’ensemble de l’UE, le coût annuel des compensations versées après des attaques de loups sur des troupeaux d’élevage (au moins 20 000 animaux) serait de plus de 8 millions€ par an. Dans les États membres qui ont dû rétablir des mesures de précaution anciennes (bergers, chiens) ou en prendre de nouvelles (clôtures électrifiées, etc.), les dépenses liées à ces dispositions peuvent être beaucoup plus importantes que celles engendrées par les compensations : en 2011, elles ont atteint en France quelque 7 millions €, les compensations s’élevant à environ 1 million €.
 
Un coût annuel de plus de 6 000 € pour chaque ours brun pyrénéen
Les ours bruns, une population en progression également et jugée « en danger critique » par l’UICN, seraient, par exemple, au nombre de 44 dans la zone pyrénéenne, dont 25 en Espagne et 19 en France. Les compensations versées pour les dégâts qu’ils occasionnent dans l’ensemble de l’UE sont de l’ordre de 2,5 à 3 millions € par an. Il s’agit des pertes de bétail, mais aussi de dégâts causés aux ruches, vergers, cultures, arbres, et même aux véhicules et bâtiments.
Coût annuel estimé pour chaque ours dans les Pyrénées : 6 114 €.

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