La Commission européenne demandera au sommet européen, les 28 et 29 juin, de « reconfirmer » son mandat de négociation d’un accord de libre-échange avec les États-Unis. Ces pourparlers bilatéraux soulèvent nombre de difficultés et réticences, y compris au sein même de l’UE.
« Au sommet européen de juin, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, va demander aux dirigeants de l’UE de reconfirmer le mandat de la Commission pour conduire (les) négociations » du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) avec les États-Unis, a annoncé le 30 mai un porte-parole de l’exécutif de l’UE, Daniel Rosario. « Nous devons nous assurer que nous allons tous dans la même direction. Le président Juncker estime que le moment est venu de demander aux chefs d’État et de gouvernement de l’UE de faire un état de lieux des négociations, en s’interrogeant sur où nous sommes et où nous allons », a-t-il dit.
« Pas d’accord sans réciprocité »
Le président français François Hollande a souligné le 27 mai que Washington devait « aller beaucoup plus loin » pour que le TTIP puisse être conclu. « Il ne peut pas y avoir un accord s’il n’y a pas réciprocité », a-t-il martelé lors de sa conférence de presse finale du sommet du G7 à Ise-Shima, au Japon (1), citant notamment la « reconnaissance de l’indication géographique des produits ».
Quatre jours plus tard, à l’occasion de l’inauguration de la Cité du vin à Bordeaux, le chef de l’État a déclaré de nouveau que la France ne sacrifierait pas ses intérêts à l’« obtention d’un accord » entre l’UE et les États-Unis, soulignant que « les indications géographiques contribuent au maintien de l’activité agricole dans notre pays ».
François Hollande a également affirmé que « la France n’acceptera pas de dispositions susceptibles de mettre en cause notre système agricole et alimentaire, notamment dans le secteur de l’élevage », précisant que « c’est avec le Mercosur aussi que nous devons poser ces principes-là ».
Divergences persistantes au sein du gouvernement allemand
En Allemagne, le ministre de l’économie, Sigmar Gabriel, a critiqué la position de la chancelière Angela Merkel sur le TTIP dans un entretien publié le 30 mai par un réseau de journaux régionaux, illustrant ainsi la division du gouvernement allemand sur le sujet.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Angela Merkel (CDU) « a eu tort de dire, dans l’euphorie de la visite d’Obama en Allemagne, que nous pourrions dans tous les cas clore les négociations cette année, et de le répéter maintenant », à l’occasion du sommet du G7, a estimé Sigmar Gabriel, également président du parti social-démocrate SPD.
(1) Voir même numéro
(2) Voir n° 3547 du 23/05/16 et n° n° 3537 du 14/03/16
Les déclarations de Phil Hogan irritent Washington
L’ambassadeur américain auprès de l’UE, Anthony Gardner, s’offusque, dans un message adressé le 25 mai aux représentants permanents des Vingt-huit à Bruxelles, des critiques publiques et répétées de Phil Hogan contre la position de Washington dans les pourparlers de libre-échange transatlantique (2). Le commissaire européen à l’agriculture déplore que les États-Unis refusent de bouger sur les mesures sanitaires et phytosanitaires ou la protection des indications géographiques.
Des propos qui, selon Anthony Gardner, ne sont pas « propices à la négociation ». Et que Phil Hogan a réitérés dans un message envoyé deux jours après aux mêmes représentants permanents.