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Environnement Bruxelles veut une utilisation plus durable du phosphore

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Dans une consultation lancée le 8 juillet, Bruxelles invite les Etats membres et toutes les parties prenantes à se prononcer sur une utilisation durable du phosphore. Objectif : réduire les fuites dans le milieu naturel et la dépendance de l’UE vis-à-vis des importations. Aucune législation n’est prévue mais la Commission européenne pourrait introduire certains dispositifs au sein de directives ou politiques existantes (eau, Pac…).

La Commission européenne a lancé le 8 juillet une consultation (à l’attention de toutes les parties prenantes) sur la manière d’utiliser le phosphore plus durablement. Cette communication n’a pas pour objectif l’adoption d’un texte législatif spécifique mais, sur la base des résultats recueillis, Bruxelles intégrera à partir de 2014 certains éléments dans les domaines d’actions correspondants (Pac, gestion des matières premières, eau ou encore déchets). L’objectif est double : réduire l’impact du phosphore sur l’environnement et améliorer la sécurité des approvisionnements.
Dans 82 % des districts hydrographiques, l’agriculture exerce une contrainte considérable due au phosphore sur les cours d’eau, estime la Commission. Actuellement, les émissions de phosphore d’origine agricole dans les eaux douces sont supérieures à 0,1 kg de phosphore par hectare et par an dans une grande partie de l’Europe, mais atteignent plus de 1 kg/ha/an dans les zones les plus problématiques. Et plusieurs eaux marines et côtières de l’UE présentent des concentrations de phosphore élevées, voire très élevées.
 
Recycler
Une meilleure utilisation du phosphore par l’utilisation plus ciblée des engrais et des aliments pour animaux, la diminution de l’érosion des sols (qui favorise les fuites) et la promotion du recyclage du phosphore contenu dans le fumier, les eaux usées et le compost est préconisée par la Commission européenne. D’autant qu’un tel dispositif permettrait également de réduire la dépendance de l’UE aux importations (en provenance de Russie et d’Afrique du Nord).
Les études montrent qu’avec une utilisation efficace des ressources, il serait possible de n’augmenter que de 11 % l’utilisation des engrais phosphorés provenant de sources primaires (mines) à l’échelle mondiale d’ici à 2050, contre 40 % dans un scénario de continuité de la tendance actuelle. Dans 15 États membres, le phosphore recyclé présent dans le fumier est déjà la principale source d’apport de phosphore aux terres agricoles.

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