Les deux événements méritent d’être mis en parallèle. D’un côté, le travail de Philippe Chalmin concernant les prix et les marges en alimentation qui montre que sur 100 euros dépensés en produits alimentaires, seulement 8 sont destinés à rémunérer l’agriculteur. Autre événement, la proposition budgétaire de la présidence de l’Union européenne qui suggère de réduire de manière forte les sommes allouées à la politique agricole, aides directes et soutien aux initiatives agroenvironnementales. On pourrait ajouter à cela le fait que les dépenses alimentaires ne pèsent plus que pour environ 15% dans le budget des ménages.
Quelle part la société accorde-t-elle à son alimentation et à son agriculture ? Un part décroissante à coup sûr. Alors même que le consommateur est de plus en plus exigeant ; qu’il demande des aliments avec moins de produits phytosanitaires, une proportion plus grande accordée au bio, une sécurité sans faille, un bien être animal généreux, un respect des terres et certaines impasses technologiques qui rendent difficile le maintien d’une compétitivité indispensable.
Il y a entre ces deux tendances une contradiction qu’il est difficile de nier. Les Britanniques, si prompts à prôner des économies budgétaires sont pourtant les plus grands défenseurs de la biodiversité et de l’environnement. Il ne devrait pas être si difficile de convaincre les partisans de l’environnement et de la biodiversité que sont les pays du Nord que ces objectifs nécessitent plus de moyens. D’une manière générale, la société doit savoir que réduire les soutiens publics en agriculture ne va pas dans le sens d’une meilleure écologie. Et ce ne sont pas les aides du 2e pilier, eux-mêmes en baisse programmée, qui y changera quoique ce soit.

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