À la veille d'une réunion des chefs d'État et de gouvernement de l'UE, les 17 et 18 octobre à Bruxelles, consacré au futur cadre financier pluriannuel de l'UE, une vingtaine de ministres de l'Agriculture ont appelé leurs dirigeants à préserver le budget de la Pac.
Une vingtaine de ministres de l'Agriculture de l'UE a demandé dans une courte déclaration présentée par la France, signée par seize délégations (1) et à laquelle trois autres se sont jointes à l'oral, (Slovénie, Belgique et Croatie) le 14 octobre à l'occasion de la réunion du Conseil agricole à Luxembourg, « le maintien, à prix courants, du budget de la Pac pour la prochaine période de programmation à son niveau actuel pour l'UE à 27 ». L'Allemagne ne soutient pas cette déclaration mais sa ministre de l'Agriculture, Julia Klöckner, a quand même indiqué qu'elle se battrait pour « un budget adéquat ». Le ministre français Didier Guillaume espère que cette mobilisation portera ses fruits : « On sent un infléchissement », veut-il croire. Il estime que les engagements pris par les ministres de l'Agriculture de l'UE sur l'environnement justifient le maintien de l'enveloppe agricole.
Fortes divergences
Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE devaient reprendre, les 17 et 18 octobre à Bruxelles, leurs difficiles négociations sur le cadre financier pluriannuel de l'UE pour 2021-2027. Mais les dirigeants européens ne devaient pas commencer à négocier à proprement parler. Ils devaient se contenter de donner des orientations sur différents sujets, comme le volume total du cadre financier, l’équilibre entre les politiques, les ressources propres et la conditionnalité. À l’issue de ce débat, la présidence finlandaise préparera une version révisée du cadre de négociation comprenant des chiffres, en vue de faciliter les négociations pour parvenir à un accord entre chefs d'État ou de gouvernement de l'UE, espéré en décembre.
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Mais lors des débats préparatoires, le 15 octobre, entre les ministres de l’UE présents lors du Conseil des Affaires générales, le projet de compromis proposé par la présidence finlandaise a été vivement critiqué. Des pays contributeurs nets au budget de l’UE, comme l’Allemagne, le Danemark, l’Autriche, la Suède et les Pays-Bas demandent de ne pas dépasser 1 % du revenu national brut (RNB) de l’UE à 27, alors que la présidence a suggéré une fourchette allant de 1,03 à 1,08 % et que la Commission table sur 1,114 %. La France ne prend pas position sur le chiffre après la virgule, mais refuse d'opposer les politiques entre elles. La Pologne, la Slovaquie, la Hongrie ou encore la Grèce ont pour leur part critiqué les baisses de crédits prévues dans la politique de cohésion.
Difficile d’imaginer dans ce climat qu’un accord puisse être finalisé en décembre.
(1) Autriche, Bulgarie, Chypre, République tchèque, Estonie, France, Hongrie, Grèce, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Irlande, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie et Espagne