« Nous devrons faire ensemble des choix difficiles », avertit le président de la Commission européenne dans une lettre adressée aux membres de l’exécutif en vue de la présentation, le 2 mai, des propositions sur le prochain cadre financier de l’UE. Le commissaire au budget réaffirme qu’il faut s’attendre à une baisse de 5 à 10 % des fonds de la Pac.
Le commissaire européen au budget, Günther Oettinger, a réaffirmé, le 6 mars à Dublin, que les dépenses de la Pac devront probablement être réduites de 5 à 10 % dans le cadre financier pluriannuel post-2020 de l’UE (1). En réponse à des parlementaires qui s’inquiétaient d’une telle perspective, il a déclaré : « J’aimerais que vous veniez avec moi à Amsterdam ou Copenhague ou encore Stockholm ; tous ces États membres disent que nous avons besoin de baisses jusqu’à 30 %. Je suis le modérateur et votre partenaire, avec 5 à 10 %. Vous pouvez en être sûr. Attendons voir ».
Le Parlement européen adoptera lors de sa session du 12 au 15 mars à Strasbourg sa position préliminaire sur le prochain cadre financier, thème d’une conférence organisée le 9 mars à Sofia par la présidence bulgare du Conseil de l’UE.
Les Pays-Bas et la Suède veulent « un plus petit budget »
De fait, dans un discours prononcé le 2 mars à Berlin, le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a voulu être « clair ». « Mon but est celui-ci : pas de hausse des contributions, mais des meilleurs résultats dans un plus petit budget », a-t-il dit, plaidant pour une baisse des fonds alloués aux politiques agricole et de cohésion, afin de « financer de nouvelles priorités », parmi lesquelles la lutte contre les dérèglements climatiques, la sécurité, la migration et l’innovation.
De même, un document gouvernemental suédois plaide pour une réduction « significative » des enveloppes dédiées à la Pac et à la cohésion, jugeant préférable de mieux dépenser, avec un plus petit budget, et de s’attaquer aux lacunes des mesures et programmes européens actuels.
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Économie, redéploiements, nouvelles ressources
« Nous devrons faire ensemble des choix difficiles, car nous avons de nouvelles priorités et faisons face à de nouveaux défis », écrivent le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et le commissaire au budget dans une lettre du 1er mars adressée aux autres membres de l’exécutif européen pour planifier la préparation des propositions sur le prochain cadre financier de l’UE qui sont prévues le 2 mai. Rappelant que « le retrait du Royaume-Uni de l’Union entraîne la perte d’un important contributeur », ils soulignent qu’« un paquet équilibré d’une taille suffisante devra s’appuyer sur une combinaison intelligente d’économies proportionnées, de redéploiements à l’intérieur du budget et de nouvelles ressources ».
Le « paquet » du 2 mai contiendra, précise la lettre : une communication fixant les grandes orientations des propositions de la Commission ; des « fiches » décrivant pour chaque grand programme sa valeur ajoutée européenne ; un document de travail des services reprenant les principales conclusions de l’exercice de révision des dépenses ; diverses propositions (règlement du Conseil, accord inter-institutionnel, système des ressources propres).
Le président de la Commission et le commissaire au budget soulignent enfin que les différents programmes prévus par le cadre financier devront « être prêts d’ici le 29 mai ». Les propositions pour la prochaine Pac sont attendues fin mai-début juin.
(1) Voir n° 3633 du 26/02/18 et n° 3634 du 05/03/18