Abonné

Budget de l’UE : pressions supplémentaires pour préserver la Pac

- - 3 min

À l’approche de la proposition de cadre financier pluriannuel, attendue d’ici l’été, la France place ses pions et fait des propositions, notamment sur la Pac. Paris s’oppose à son intégration dans les plans nationaux globaux envisagés par Bruxelles. Une position en adéquation avec celle du think tank Farm Europe.

La proposition de CFP de la Commission européen doit être présentée d’ici l’été et celle concernant la Pac devrait suivre, mais la France prend déjà position et définit ses propositions, notamment en matière agricole. Dans un document daté du 4 mars obtenu par Agra, Paris appelle clairement à ne pas intégrer la Pac au sein d’un plan national global, comme l’envisage la Commission européenne. La France pousse donc pour le maintien d’un budget propre pour la Pac, qu’elle estime essentiel afin de préserver les paiements directs, « en raison de leur rôle essentiel pour le soutien au revenu des agriculteurs ». Les autorités hexagonales restent, en outre, très attachées à la structure de la Pac en deux piliers (paiements directs et développement rural) et à la « nature commune de toutes ses composantes ».

Lire aussi : Budget de l’UE : Bruxelles donne le coup d’envoi du prochain CFP

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Au-delà de la préservation du revenu des agriculteurs, la France souhaite que les spécificités de la Pac soient prises en compte étant donné qu’elle a déjà « fortement intégré la logique de performance ». En outre, elle plaide également pour un accompagnement des agriculteurs dans la transformation des systèmes de production ou encore la mise en place de conditions de concurrence équitable. Enfin, la France s’oppose au raccourcissement de la durée du CFP (de sept à cinq ans) pour des raisons de prévisibilité et de stabilité des politiques comme la Pac.

Premier débat

Des sujets qui devaient alimenter le premier débat sur le prochain CFP que tiendront chefs d’État et de gouvernement des Vingt-sept, les 20 et 21 mars à Bruxelles, lors d’un sommet européen. En amont de cette réunion, le think tank Farm Europe a adressé, le 17 mars, une lettre à Antonio Costa, le président du Conseil européen, pour souligner « le besoin urgent pour l’UE de continuer à soutenir fermement la Pac » en tenant compte de l’inflation. Sans quoi, « l’UE risque de perdre 54 % de sa valeur d’ici 2034 (soit l’équivalent de 250 milliards d’euros) ». Comme la France, Yves Madre, son président appelle « à un budget européen dédié et adéquat pour une Pac véritablement commune » avec deux piliers « afin de garantir une politique efficace et homogène ». Un moyen de faire pression sur le Conseil européen qui aura le dernier mot. « Compte tenu des défis auxquels nous sommes confrontés, il est important que nous abordions tous ce débat en faisant preuve d’ouverture et dans un esprit de responsabilité collective », rappelait Antonio Costa dans sa lettre d’invitation. Et d’ajouter : « Mon objectif est que cette contribution puisse être prise en compte par la Commission en vue de ses propositions relatives au train de mesures liées au CFP. »