Alors que les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept continuent de décortiquer les propositions législatives de réforme de la Pac, leurs collègues chargés des affaires européennes parlent eux aussi agriculture, sous l’angle budgétaire. Et, sur ce plan, la position adoptée pour l’instant par Paris semble difficile à tenir. Avec l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Finlande, les Pays-Bas, la Suède et l’Autriche, la France juge que les montants proposés par la Commission européenne pour l’ensemble du budget communautaire 2014-2020 sont trop élevés et que les dépenses devraient être limitées à 1 % du PNB en prix courants, ce qui signifierait une réduction de 100 milliards d’euros des paiements sur la période. Le président-candidat français Nicolas Sarkozy a même annoncé qu’il demanderait le gel de la contribution du pays à la caisse de l’UE s’il était réélu, une économie annuelle selon lui de 600 millions d’euros. Dans le même temps, Paris s’oppose haut et fort à toute baisse des crédits prévus pour la Pac. Faisant allusion à cette position française, qui frise le grand écart, Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture, a souhaité, récemment et fort diplomatiquement, une cohérence entre le fait de prôner une maîtrise, voire une réduction du budget général de l’Union et la demande d’un maintien de l’enveloppe agricole. L’Allemagne juge d’ailleurs que, si des coupes claires doivent être opérées, aucun poste ne devra être épargné, pas moins la Pac que les autres politiques. Si, dans cette négociation, Paris ne bénéficie même pas du soutien ou, au moins, de la compréhension de Berlin, ses chances de succès sont pratiquement nulles. Un cadeau empoisonné, en tout cas, pour le prochain président français.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.