Certes, on est loin du document divulgué inopportunément (ou pas) il y a un an, qui faisait de la Pac une politique de seconde zone. Certes, José Manuel Barroso a été finalement convaincu qu’il aurait été maladroit et malvenu de décréter que la part des dépenses agricoles dans le budget communautaire devra être réduite. Certes, il n’a pas pu coucher sur papier certaines suggestions, comme celle de diminuer de 15 % ces dépenses en 2014. Certes, le projet de réforme que Dacian Ciolos, le commissaire à l’agriculture, compte présenter mi-novembre semble conforté. Il n’en reste pas moins que la communication de l’exécutif européen sur le réexamen du budget de l’UE recèle des ambiguïtés qui en disent long sur les orientations de son président pour la Pac. Tout d’abord – et cela n’a pas manqué d’irriter consi-dérablement les organisations professionnelles majoritaires –, les objectifs éco-nomiques de cette politique, voire la sécurité alimentaire, passent au second plan dans ce texte, après d’autres défis, la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique notamment. Mais, surtout, le document précise que la réorientation des soutiens pour répondre à ces défis et la diminution « régulière », au cours des dernières années, de la part de la Pac dans le budget global sont une « tendance » qu’il faut « poursuivre ». Et ce afin que l’agriculture puisse « rester un investissement public majeur – reposant sur les épaules de l’UE, plutôt que sur les budgets nationaux ». En d’autres termes, ce secteur devra continuer de muer et se montrer de moins en moins dispendieux s’il veut rester dans les petits papiers de l’Europe. Du moins ceux de Barroso.
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