Abonné

Budget Pac post-2020 : du Modef à la FNSEA, inquiétude des syndicats français

- - 3 min

« Le moins que l’on puisse dire est que l’agriculture est maltraitée dans cette communication », s’inquiète la FNSEA dans un communiqué le 15 février, réagissant aux scénarios budgétaires présentés, la veille, par la Commission européenne pour l’UE et la Pac après 2020. Le syndicat majoritaire estime que l’agriculture ne fait pas partie « des priorités identifiées par la Commission comme essentielles » et se demande même « comment ces hypothèses (les scénarios de baisse de 15 et 30 %) peuvent être envisagées alors que plus que jamais l’agriculture constitue une opportunité – et souvent la seule – de développement économique des territoires mais aussi une solution extraordinairement porteuse pour la lutte contre le changement climatique ». La FNSEA plaide pour un accroissement des contributions des États membres pour répondre aux nouvelles missions de l’UE. Quant aux baisses de budget liées Brexit, « nous n’accepterons pas que l’agriculture en porte plus que sa part", avertit la FNSEA. Le syndicat en appelle aux discours d’Emmanuel Macron du janvier, au cours duquel il s’était engagé à défendre « une Pac et un budget aux ambitions préservées ».

De même, le Modef a exprimé, dans un communiqué le 15 février, son « refus » des deux scénarios qui proposent une réduction des crédits de 15 et 30 % – le troisième scénario étant le statu quo. Le Modef revendique « le maintien du budget Pac français à 9,1 milliards d’euros », rappelant que sur la programmation actuelle, l’enveloppe budgétaire française avait déjà baissé de 2 % par rapport à la période 2017-2013. Le Modef met d’ailleurs en avant une proposition d’utilisation de ce budget national : augmentation de l’enveloppe dédiée au paiement redistributif à 30 % des aides du 1er pilier (20 % dès le 1er août 2018). Au niveau européen, le Modef plaide pour un plafonnement des paiements directs à 75 000 euros par actif (avec dégressivité à partir de 50 000 euros), une convergence des aides à 100 %, un maintien du paiement vert « pour la diversification des cultures et des systèmes agronomiques vertueux », une augmentation de 15 à 20 % de l’enveloppe des aides couplées en faveur de l’élevage et des productions fruitières et légumières, et une « politique d’aide pour l’autonomie fourragère des élevages avec le soutien de protéines végétales ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

La Coordination rurale estime quant à elle qu’il est « inconscient d’envisager une réduction de budget sans anticiper les conséquences sur les exploitations agricoles déjà lourdement mises à l’épreuve ces dernières années ». Pour le syndicat, « des possibles réductions budgétaires ne peuvent être discutées que si, et seulement si, le revenu des agriculteurs est assuré ». La CR rappelle l’importance pour elle d’une protection aux frontières européennes dans la Pac 2020 : « Il est urgent de se recentrer sur le marché européen », déclare-t-elle dans un communiqué, jugeant « indispensable de le réguler par une organisation des productions ». L’Union européenne, « première puissance agricole mondiale est aussi le premier importateur agroalimentaire mondial pour plus de 110 Mrd€ par an », appuie la CR.