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« Ça passe ou ça casse »

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« Ça passe ou ça casse », a sobrement commenté le président du Conseil européen Donald Tusk alors que les dirigeants des Vingt-huit s’engageaient à Bruxelles dans de tortueuses gesticulations pour répondre aux desiderata du premier ministre britannique empêtré dans son affaire de Brexit. Le même pronostic pourrait être formulé pour les tractations engagées dans le même lieu quelques jours plus tôt par les ministres de l’agriculture pour juguler la crise de l’élevage – et même de la tomate dans les États membres du Sud. Car, à défaut de remèdes communs, le chacun pour soi risque de sérieusement ébrécher la Pac. Ce que font craindre certains signes précurseurs. Bien sûr, les libéraux crient au loup dès que le mot « régulation » est murmuré, et ne veulent pas engager de dépenses communautaires supplémentaires. Les Néerlandais sont de ceux-là – et en plus ils président les débats. De même que l’exécutif européen, ce qui amène l’eurodéputé écologiste José Bové à s’étonner ironiquement que « sur l’agriculture on se couche devant la Commission, mais quand c’est monsieur Cameron qui vient à Bruxelles, lui, on lui déroule le tapis rouge ». Et puis il y a les Allemands. Ils ne veulent pas, logiquement, revenir à « l’avant MacSharry », sous-entendu à une politique qui sécrète excédents et coûts infernaux. Ils suggèrent surtout des formules qui auraient essentiellement comme avantage de leur permettre de s’aider eux-mêmes, à savoir une nouvelle enveloppe européenne pour soutenir la trésorerie des exploitants, avec possibilité d’y ajouter des fonds nationaux, ou encore le relèvement du niveau des aides d’État autorisées. Pour la France qui, comme d’autres, réclame des solutions à l’échelle de l’Union, la partie n’est pas gagnée. De là à la voir jouer son propre jeu avec ses propres moyens...

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