L’été a commencé par une kyrielle d’annonces de hausses dans l’alimentaire, chaque branche semblant découvrir ce que d’aucuns avaient pourtant prévu de longue date, c’est-à-dire que les matières premières agricoles allaient se faire rares et chères. Le signal avait été donné ici à l’automne 2006 par quelques professionnels, plus au contact des marchés internationaux (céréales, levure, corps gras, beurre et poudre) mais les industries de première transformation n’ont jamais tellement d’échos dans les instances qui parlent pour l’industrie alimentaire aux medias. Or, aux Etats-Unis, les Kellogg’s, Kraft, Pepsico et même les ténors de la viande avaient très tôt pointé le danger pour l’industrie alimentaire du virage vers les bio-énergies que décidaient de nombreux pays. Ce qui chez nous a paru conjoncturel ou limité au blé – et ne méritant donc pas d’affoler les populations – s’est avéré un vrai changement structurel, voire l’entrée dans une nouvelle époque où tous nos concepts deviennent caducs et la politique agricole commune en cours de liquidation fort inadaptée : les besoins de la planète sont aussi et d’abord alimentaires, les surcapacités en France et en Europe n’existent même plus alors que tout concourt encore à dissuader les producteurs de produire. Peut-être que les industriels vont eux aussi se dissuader de transformer dans l’Hexagone des matières premières qu’ils trouveront quand même toujours un peu moins cher ailleurs. L’exemple de la viande est éloquent : le Brésil, l’Argentine ou la Pologne peuvent nous fournir en basse ou moyenne gamme… il ne reste qu’à être libéral jusqu’au bout et à désarmer tous les droits de douane, ainsi notre pouvoir d’achat (que l’on invoque tellement à propos du prix de la baguette) sera moins menacé. Mais au prix de combien de fermetures et de chômeurs ?

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