Le document général sur l’avenir de la Pac que Dacian Ciolos a fait approuver par la Commission européenne a une qualité qui est aussi son défaut : il tente de marier des impératifs parfois contradictoires. Au détriment, sans doute, de la compétitivité, comme le déplorent les organisations professionnelles. Le commissaire à l’agriculture se devait avant tout de rendre acceptables pour le plus grand nombre des soutiens publics que certains jugent injustifiés, d’autres mal orientés ou d’autres encore répartis de façon inéquitable. Ce travail de justification est méritoire. Mais portera-t-il ses fruits ? En d’autres termes, permettra-t-il de sauver le budget agricole de l’UE ? Ce n’est pas évident. Car, au-delà des bonnes intentions économiques ou environnementales, la négociation de la prochaine réforme de la Pac se fera, sans nul doute et comme d’habitude, à la calculette. Et, justement, l’échec des pourparlers entre les Vingt-sept et le Parlement européen sur le budget 2011 confirme, s’il en était besoin, que les Etats membres sont plus que jamais enclins, aujourd’hui, à se retrancher derrière leurs intérêts nationaux. Finalement, le plus grand risque pour l’agriculture, ce n’est pas tel ou tel projet de réforme, mais l’absence de toute ambition européenne. Et l’absence, à Bruxelles ou ailleurs, de personnalités assez motivées, indépendantes ou charismatiques pour relancer une Union qui s’essouffle et fait du surplace.

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