Phil Hogan est peu désireux de prendre la moindre initiative à ce stade. Alors que commencent à s'accumuler les pressions pour une simplification – voire plus – de la nouvelle Pac tout juste mise en œuvre, il veut se limiter à « voir comment la réforme fonctionne en pratique, avant d'envisager de faire des changements ». Sage attitude sans doute. De même, le commissaire européen à l'agriculture se montre très discret face aux difficultés de certains marchés, que celles-ci soient directement liées ou non à l'embargo russe. D'autant, martèle-t-il, que le budget est plus serré que jamais. Les Vingt-huit vont toutefois avoir l'occasion de le faire sortir de sa réserve lors de leur premier Conseil de l'année. Les secteurs du lait et du porc, notamment, sont fragilisés, et la perspective – à confirmer – de quelques arrangements avec Moscou n'est certainement pas suffisante pour leur redonner des couleurs. À ces dossiers préoccupants, l'Italie ajoute celui du sucre, sur lequel elle réclame l'ouverture, « dès maintenant, d'un débat à haut niveau et approfondi », en vue de la fin des quotas en 2017. Sur le plan commercial, l'accord de libre-échange euro-américain en cours de négociation continue d'inquiéter. Le commissaire à l'agriculture, qui se veut rassurant pour la préservation du modèle alimentaire européen, aura des entretiens à Washington le 16 février. Si Bruxelles semble assagie en ce début d'année sur le front agricole, ce calme est, en définitive, trompeur, et Phil Hogan va devoir bientôt se positionner.
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