Le comité scientifique temporaire mis en place par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) juge « pertinent d’autoriser l’usage du cannabis à visée thérapeutique », a-t-il indiqué dans un avis rendu le 13 décembre. L’autorisation serait destinée aux « patients dans certaines situations cliniques et en cas de soulagement insuffisant ou d’une mauvaise tolérance des thérapeutiques ». L’ANSM a indiqué avoir pris connaissance de cet avis « et décidera dans les prochains jours des suites à donner à ces travaux, notamment sur les modalités éventuelles de la mise à disposition » du cannabis thérapeutique. C’est suite à ce prochain avis de l’ANSM que pourrait être décidée une éventuelle modification de la législation, notamment en vue d’une production de cannabis thérapeutique en France.
Après l’annonce, plusieurs députés favorables à une évolution de la législation ont salué la décision du comité mis en place par l’ANSM. « L’intérêt du cannabis thérapeutique enfin reconnu aujourd’hui par les experts de l’ANSM pour soulager les douleurs de milliers de malades ! Je soutiens cette avancée : la France est un des derniers pays européens à ne pas l’avoir légalisé, accélérons le mouvement ! », a ainsi déclaré sur son compte Twitter le député LREM de la Creuse Jean-Baptiste Moreau. Ce dernier avait organisé le 5 décembre dernier à l’Assemblée nationale une matinée sur le sujet.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Dans son avis, le comité d’expert précise qu’il « exclut la voie d’administration fumée », en considération des risques pour la santé. Le cannabis thérapeutique « peut être envisagé en complément ou en remplacement de certaines thérapeutiques », notamment dans les cas « d’épilepsie sévères et pharmacorésistantes » ou de « spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ». Il indique par ailleurs souhaiter qu’un « suivi des patients traités soit mis en place sous la forme d’un registre national » permettant d’effectuer une évaluation « bénéfice/risque » de la mesure.
« La France est un des derniers pays européens à ne pas l’avoir légalisé »