Abonné

Viande de porc/Résultats Cap maintenu pour Cooperl Arc Atlantique malgré la crise

- - 4 min

Une année tendue, un résultat net en chute libre mais des investissements maintenus, avec une capacité d’autofinancement en légère amélioration. Le groupe breton Cooperl Arc Atlantique fait le dos rond. Mais il sait qu’une restructuration industrielle de la filière est inéluctable.

Le groupe numéro 1 de la viande porcine en France basé à Lamballe (Côtes d’Armor) a clôturé l’exercice 2010 avec un chiffre d’affaires de 1,7 milliard € (35 % à l’exportation) en mettant sur le marché 475 000 t de viande (70 000 t de charcuterie) et en fabriquant 1,653 million t d’aliments du bétail. Mais son résultat net s’effrite. Il a chuté de 11 à 5 millions entre 2009 et 2010. La faute à un marché européen « difficile » où le prix des pièces reste bas, orienté par le marché allemand dont les industriels bénéficient d’un avantage social – leur main-d’œuvre étrangère payée moins cher que la main-d’œuvre locale –, déplore Emmanuel Commault. Le directeur général de Cooperl Arc Atlantique, également vice-président du SNIV-SNCP, rappelle que la plainte pour dumping social déposée en janvier à Bruxelles par plusieurs organisations professionnelles françaises est toujours à l’instruction.

Emerger dans un secteur en perte de 40 M EUR
« Le début 2011 s’avère encore plus dur qu’en 2010, souligne Emmanuel Commault. Tout le secteur de l’abattage souffre en France avec des niveaux de pertes cumulées de 40 millions €. » Dans ce contexte de crise, le groupe breton a pour lui sa taille et ses performances industrielles. Depuis sa fusion avec Arca (2009), Cooperl Arc Atlantique a rationnalisé ses outils d’abattage, pour atteindre 5 millions de porcs transformés par an dans trois abattoirs (100 000 cochons abattus/semaine). Les synergies de la fusion apparaissent « sur l’amont comme sur l’aval, avec (...) des effets positifs nettement perceptibles sur l’outil de Saint-Maixent (Deux-Sèvres) », ex-ARCA, précise le groupe. De la même manière, la restructuration industrielle de Brocéliande, branche salaisons reprise également en 2009 au groupe Unicopa, « est en cours de finalisation ».
Cooperl Arc Atlantique a engagé, l’an passé, bonne partie de son enveloppe de 20 millions € d’investissements dans la refonte de l’atelier de découpe de l’usine de Saint-Maixent. Cette année, la moitié des 30 millions € programmés seront consacrés à sa division charcuterie, en particulier les salaisonneries de Loudéac et Villers-Bocage. Avec 70 000 t de charcuterie, Brocéliande représente 15 % du chiffre d’affaires consolidé de Cooperl Arc Atlantique. En 2009, le groupe avait programmé 25 millions € d’investissements sur trois ans. « On peut estimer que 80 % du chemin est fait », observe Emmanuel Commault. Dans la viande comme dans les salaisons, Cooperl Arc Atlantique poursuit le même but : maintenir sa compétitivité tout en innovant. Le groupe y parvient d’une autre manière : par le développement d’une importante industrie de traitement des déchets et co-produits industriels, effluents d’élevage et boues des villes en un biogaz qui lui permet d’économiser 50 % sur sa facture de gaz consommé dans ses unités industrielles de Lamballe, les plus consommatrices.

Soutien à l’amont
Le groupe éprouve plus d’inquiétudes pour ses adhérents, les 2000 élevages qui lui apportent 6 millions de porcs. La filière subit une profonde crise depuis quatre ans, les cours fixés au marché du porc breton étant régulièrement inférieurs au coût de production. Cette année, Cooperl Arc Atlantique redistribuera les quatre cinquièmes de son résultat pour les soutenir. Mais à moyen terme, la production baissera immanquablement. A cause de la crise et aussi en raison de l’impossibilité, pour certains éleveurs, d’investir dans la mise aux normes « bien-être » des truies gestantes, avant le 1er janvier 2013. Cette mise aux normes est estimée à 150 000 € pour un élevage moyen de 200 truies naisseur engraisseur. Pour l’industrie, « une restructuration est donc inéluctable », estime le directeur général.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.