Le Crédit agricole et France Carbon agri ont lancé une plateforme pour faciliter l’achat de crédits carbone volontaires aux agriculteurs. Ils espèrent faire décoller le marché des nouvelles obligations européennes liées à la CSRD.
Le groupe Crédit agricole et l’association France Carbon agri (FCAA) ont lancé, le 12 mars, une « solution de transaction » des crédits carbone volontaires. Baptisée Carbioz, la plateforme digitale permet aux entreprises qui souhaitent « compenser leurs émissions incompressibles » d’acheter des crédits carbone à des exploitations labellisées bas carbone dans un territoire proche, a expliqué le président de l’association Samuel Vandaele en conférence de presse.
L’initiative vise à « structurer le marché émergent » des crédits carbone volontaires en apportant un « cadre juridique, comptable, de reporting » pour sécuriser la contractualisation, a indiqué le directeur de Carbioz Dominique Moreau-Férellec. « Ce que nous, le Crédit agricole, pouvons apporter, c’est la relation et la connaissance que nous avons dans le milieu agricole mais aussi à l’autre bout, dans le milieu des entreprises qui sont très demandeuses de ce type de décarbonation », a ajouté le président du groupe bancaire Dominique Lefebvre.
2 800 projets labellisés
Le prix d’un crédit carbone est établi à 45 €/teq CO2 avec un retour de 75 % à l’agriculteur, a détaillé Dominique Moreau-Férellec. Sur les 12 € restants, 5 € vont au « développeur de projet » (coopérative, chambre, contrôle laitier… ) qui détache un technicien pour accompagner l’agriculteur en transition sur cinq ans ; 3 € vont à FCAA pour son travail de labellisation avec les pouvoirs publics et de recherche de contributeurs et acheteurs ; et 4 € vont à Carbioz pour les services fournis (information, contractualisation, suivi).
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Testée en interne « pendant six mois », la plateforme recense les 2 800 projets labellisés bas carbone depuis la création de France Carbon Agri en 2019. L’association dénombre 80 entreprises acheteuses, dont « beaucoup de grandes entreprises qui ont une stratégie, des cabinets de conseils… qui font souvent un mélange entre du crédit carbone français, du forestier, un peu d’agricole, de l’international », a indiqué le directeur de Carbioz. Mais le Crédit agricole espère voir ce nombre décoller, la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) obligeant les entreprises européennes de plus de 250 salariés à faire un reporting extra-financier sur leur durabilité à partir du 1er janvier 2025.
« Avec la CSRD, le seuil d’éligibilité pour le bilan carbone passe de 500 salariés à 250 l’année prochaine. Donc le nombre potentiel d’entreprises françaises concernées par la réalisation d’un bilan carbone va être au moins multiplié par 10. On ne s’adresse plus qu’aux grandes entreprises. On s’adresse maintenant à leurs sous-traitants, qui sont souvent des entreprises régionales et qui vont devoir définir leur stratégie de décarbonation », a indiqué Dominique Moreau-Férellec.