Cofondée début 2021, Sysfarm se positionne comme intermédiaire « responsable » entre agriculteurs et acheteurs de crédits carbone, en s’engageant « à restituer 90 % des bénéfices » aux producteurs eux-mêmes. « Ce que nous voulons, c’est minimiser les coûts de transaction pour les agriculteurs, afin qu’ils soient les premiers récompensés des opportunités de ce marché du carbone qui se crée », explique Étienne Duclos, jeune directeur général de Sysfarm (à gauche sur les photos ci-dessous).
Lancée par Etienne Duclos aux côtés de deux autres ingénieurs Uni LaSalle, Antoine Gilbert et Edouard Moquet, Sysfarm n’a pas vocation à accompagner agronomiquement l’agriculteur au quotidien, mais bien « à estimer le potentiel carbone de la ferme et à trouver des financeurs ». « Nous avons un outil de diagnostic et des modèles assez légers qui nous permettent d’absorber pas mal de coûts, et d’avoir une marge assez faible par rapport à ce qu’on voit actuellement sur le marché », détaille Étienne Duclos.
La start-up, qui travaille plutôt pour l’heure dans le secteur des grandes cultures, aurait déjà réussi à identifier 2000 tonnes de carbone commercialisables chez les premiers agriculteurs audités. Chaque tonne de carbone sera vendue avec un prix plancher d’au moins 30 euros, Sysfarm récupérant 3 euros sur la transaction.
Les bilans initiaux chez les premiers agriculteurs engagés, facturés 50 euros pour chaque ferme, ont permis de dégager des ressources pour la start-up. Mais l’essentiel des moyens proviendrait toujours de la mise de départ de 10?000 euros environ des cofondateurs. « Nous réfléchissons à accélérer la croissance par des levées de fonds, mais c’est une question que nous étudierons à l’hiver 2021 », confie Etienne Duclos.
Prochaine étape pour Sysfarm?: notifier auprès du ministère de la Transition écologique les projets déjà identifiés, afin de déclencher les premiers paiements. Sysfarm serait également en discussion avec des acheteurs à la recherche de 20?000 tonnes de carbone supplémentaires. « Nous visons plutôt les grandes sociétés avec des politiques RSE assez fortes, mais aussi les collectivités ou des groupes d’intérêt public », prévoit Étienne Duclos.
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Ivan Logvenoff