L’année 2004 risque de rester dans l’histoire agricole comme une année caricaturale. Voilà une année où le climat s’est révélé une bénédiction pour les cultures, une année où les exploitants peuvent se targuer d’avoir bien travaillé. Et pourtant : elle restera celle d’une baisse exceptionnelle du revenu des paysans. De quoi mal augurer des périodes futures, durant lesquelles il faudra vivre avec une Pac réformée mettant aux prises, plus que jamais, les agriculteurs avec le marché mondial.

Le monde agricole peut-il se résigner à voir s’instaurer un système où une bonne récolte implique une baisse de revenu et où le seul espoir de progression de ce même revenu résiderait dans des catastrophes climatiques déclenchant des aides publiques, voire, demain, des indemnités d’assurance?

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« Nous ne serons jamais compétitif face au Brésil », lançait Dominique Ducroquet, président de la CGB lors de son AG du 15 décembre. Cela est vrai, sans doute, de toute production végétale et animale européenne. Elle trouvera toujours face à elle un moins-disant sur les pays à surface immense et/ou à main d’œuvre bon marché. Alors il faut en prendre son parti : privilégier le marché intérieur européen, multiplier les atouts et signes de qualité, miser sur les filières courtes, les contrats spécifiques avec les distributeurs. Et que l’exportation, si l’on veut en faire, se fasse à coût marginal, profitant, par des mécanismes privés, de prix intérieurs soutenus par ces efforts de qualité et des relations privilégiées avec les industriels et distributeurs. Regardons l’exemple de certaines branches du textile : après de très dures années de délocalisation, une part de la production nous est revenue grâce à des filières courtes et une adaptation très rapide aux évolutions de la mode. L’agriculture pourrait s’en inspirer.