Abonné

Carine Abecassis : « Faire du Syrpa un lieu d’interaction entre l’amont et l’aval »

- - 4 min

Carine Abecassis, directrice du pôle communication et affaires publiques de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), a été réélue le 22 juin présidente du Syrpa, l’association des communicants des secteurs agricole et agroalimentaire. Elle entame son huitième mandat d’un an à la tête du Syrpa et compte bien poursuivre l’action engagée pour promouvoir les métiers de la communication et, bien entendu, l’agriculture.

Vous débutez votre huitième mandat à la tête du Syrpa. L’énergie est-elle toujours intacte ?

Oui ! Je suis très honorée d’avoir été une nouvelle fois élue à ce poste qui me permet cette année encore, de relever de nouveaux défis, m’ouvrir à tous les sujets qui touchent à la communication et au secteur agricole. Depuis ma première élection en 2010, j’ai pu contribuer et voir évoluer le Syrpa. Il a fallu d’abord bien structurer le Syrpa, mettre en place une équipe opérationnelle et motivée. Et ce n’est pas si facile, car tous les membres du Syrpa sont des bénévoles qui prennent sur leur temps personnel… Aujourd’hui, on voit le fruit de notre travail. En sept ans, nous sommes passés de 270 à plus de 370 adhérents avec une grande diversité allant des grands groupes agricoles et agroalimentaires (comme Total ou Syngenta et dernièrement Bonduelle), mais également des organisations ou des agences de communication de taille plus modeste. Je dois reconnaître que l’augmentation du nombre de membres et cette diversité sont mes plus grandes satisfactions !

Pour le symbole, j’aimerais que nous passions la barre des 400 membres assez rapidement. Mais je constate depuis deux ou trois ans qu’il y a beaucoup de turn-over chez les communicants des entreprises agricoles et de l’agroalimentaire.

Qu’est-ce qui explique ce turn-over ?

Un certain nombre de communicants ont atteint l’âge de la retraite. Et les entreprises profitent parfois de ces départs pour faire des économies. Elles ont conscience de la dimension stratégique de la communication, mais elles ont tendance à redessiner leur organisation et à remodeler les postes. On voit souvent des postes qui recouvrent la communication et le marketing. C’est un choix budgétaire, mais pour moi, c’est un marqueur de la dévalorisation actuelle des métiers de la communication… Cela nous interpelle.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Le Syrpa a-t-il en ce sens un rôle de lanceur d’alerte ?

Oui, je pense. Notre rôle est d’ouvrir les yeux des entreprises et notamment de les alerter sur l’avance qu’ont pris les détracteurs de l’agriculture en matière de communication. Je pense à certaines ONG par exemple qui misent tout sur la communication et font passer des messages, parfois erronés, partisans, voire à charge. Nous, on tire la sonnette d’alarme. On prévient les entreprises : « Attention ! Vous allez vous faire coiffer au poteau par vos détracteurs ! ». Il leur appartient ensuite d’agir au sein de leurs entreprises.

Pouvez-vous justement les aider à agir ?

Nous ne pouvons pas faire à leur place, mais notre rôle est de les informer au mieux. C’est ce que l’on fait déjà en organisant chaque année une trentaine de conférences sur les enjeux de communication dans le secteur agricole et agroalimentaire. Nous invitons des communicants à témoigner sur leur expérience, à partager les outils de leur réussite. C’est vrai que jusqu’à présent, le Syrpa a un mode assez descendant : nous informons nos adhérents. Désormais j’aimerais aussi impulser un nouveau mode de fonctionnement plus collaboratif et participatif, avec beaucoup d’échanges, d’interactions et de débats entre les membres du Syrpa. Cela me semble utile pour être plus audible et efficace face aux détracteurs de l’agriculture. Au sein du Syrpa, nous regroupons les communicants de l’intégralité des filières agricoles, et nous aimerions justement intégrer davantage le monde agroalimentaire pour faciliter et fluidifier les relations entre l’amont et l’aval.

On prévient les entreprises : « Attention ! Vous allez vous faire coiffer au poteau par vos détracteurs ! ».