Le distributeur de produits alimentaires italiens réfléchit au développement de son implantation industrielle en France, actuellement limitée aux pâtes fraîches. À l’étude : glaces et plats cuisinés.
Après une bonne année 2017 avec un chiffre d’affaires de 68 millions d’euros (dont un tiers avec les vins) en progression de 6 % par rapport à 2016, le distributeur de produits alimentaires et de vins italiens Carniato, qui possède un vaste magasin sur le MIN de Rungis, voit déjà plus loin. Son plan stratégique vise les 80 millions d’euros pour 2020, un objectif que compte bien atteindre son directeur général Stéphane Audrain. « Nous réfléchissons actuellement à un nouveau plan pour 2020-2025 qui nous permettrait d’atteindre les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 », explique-t-il.
Pour parvenir à cet objectif, Carniato peut compter sur l’engouement des consommateurs français pour la gastronomie italienne et le développement de l’offre en restauration. « Nous constatons un fort développement de la restauration nomade italienne avec par exemple des concepts de pizzas vendues à la part », explique Stéphane Audrain. La focaccia se développe aussi fortement. Tout comme les produits aromatisés à la truffe. « Ce sont des produits traditionnels en Italie mais nouveaux en France où ils sont popularisés par les restaurateurs ». Les boissons sont aussi en croissance avec des jus de fruits à partir de fruits récoltés en Italie ou encore des soft drinks typiques tels que les limonades de Sicile et même un cola confectionné à Turin.
Pour accompagner ces tendances, Carniato propose à chaque fois des ingrédients adaptés comme les farines pour pizzas (certaines utilisables sans temps de repos ou permettant de confectionner des pâtes résistantes aux lampes rouges chauffantes), des polpas ou des produits prêts à l’emploi. Une de ses « locomotives » sont les fromages frais : « Nous réalisons 5 millions d’euros de ventes rien qu’avec la buratta et la mozzarella di buffala », souligne Stéphane Audrain. Le distributeur cherche à innover sans cesse : en 2018, il lance par exemple une burratta di buffala. Et pour faciliter le travail des professionnels, il propose des focaccias semi-finies prêtes à garnir.
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Recette et ingrédients italiens, fabrication française
Depuis 1983, Carniato s’est mis à la production locale. À Bonneuil, dans le Val-de-Marne, il a ouvert son propre atelier de fabrication de pâtes fraîches à partir d’ingrédients d’origine italienne, commercialisées dans le réseau de magasins des proximité en région parisienne sous la marque Molino Azzurro (et auprès des restaurateurs sous la marque A'Pasta). Pour lancer cette activité, il a investi un million d’euros en 2013, puis 200 000 euros environ chaque année pour améliorer la production. « Nous avons produit 650 tonnes de pâtes fraîches en 2017 pour un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros, en hausse de 7 % sur l’année », souligne le directeur général. L’atelier a des capacités en réserve et pourrait produire plus en renforçant les équipes. Là aussi, l’entreprise parie sur l’innovation avec des séries limitées comme les pâtes farcies mascarpone-asperges, ou bien au foie gras comme pour Noël dernier.
Cette incursion dans le monde de l’industrie donne aujourd’hui des idées à Stéphane Audrain. « Nous réfléchissons actuellement, dans le cadre de notre plan stratégique 2020-2025, à développer d’autres productions en France en gardant toujours la même ligne : des produits gastronomiques italiens confectionnés selon le savoir-faire traditionnel à partir d’ingrédients 100 % origine Italie », souligne-t-il. Parmi les pistes à l’étude : les plats cuisinés, qui sont actuellement importés d’Italie, des produits prêts à l’emploi que les restaurateurs pourraient assembler ou réchauffer. Mais aussi des glaces italiennes, même si Carniato n’importe pas aujourd’hui de crèmes glacées. « De tels projets nécessiteraient des investissements importants et sans doute un déménagement de notre production », prévient Stéphane Audrain.