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Elevage Carrefour continue sa vague de contractualisation avec les éleveurs

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Depuis six mois, Carrefour s’est lancé dans la contractualisation. Après les ovins et les veaux, le groupe se lance dans les bovins, en contractualisant, le 21 février, avec 1 170 éleveurs de vaches limousines, sur un volume de plus de 3 000 bêtes par an, sur une durée de 3 ans.

Carrefour a signé, le 21 février au Salon international de l’agriculture (SIA), un accord de contractualisation avec 1 170 éleveurs de vaches limousines du groupement Altitude, des dix groupements d’Atlantique Qualité Viande et des industriels Covial et Levesque. Cet accord s’inscrit dans le cadre de la loi de modernisation agricole (LMA) et fait suite à plus de deux ans de travail, selon Eric Bourgeois, directeur des produits frais Carrefour. « Carrefour s’engage sur la durée avec des contrats glissants signés sur 3 ans et sur des volumes d’achats déterminés, avec une progression de 2% par an », selon le communiqué de presse du jour même. L’engagement de Carrefour sur la durée et sur un volume est la grande nouveauté de ce type de contrat. Effectivement, les partenariats avec des éleveurs existaient déjà depuis 19 ans au sein de la démarche Engagement Qualité Carrefour. D’après Eric Bourgeois, les volumes contractualisés avoisinent les 3 000 à 3 500 animaux par an. Un cahier des charges spécifique impose une rémunération de l’éleveur de 10 à 12% supérieur au prix du marché. « Nos prix de vente au consommateur tiennent compte de cette plus-value », fait remarquer Eric Bourgeois, interrogé sur le refus de Carrefour d’augmenter le prix de la viande au consommateur.

Carrefour s’approprie le risque de l’éleveur
Cette hausse de prix est pourtant vitale pour les éleveurs car elle leur permettrait de faire face à leurs coûts de production, qui ont flambé ces derniers mois du fait de l’explosion des cours des céréales. « Nos cahiers des charges reposent sur 3 axes : un haut niveau sanitaire, la préservation de l’environnement et le bien-être animal », commente Eric Bourgeois. Il précise que « ce cahier des charges n’a pas d’intérêt s’il ne va pas au-delà de la réglementation déjà existante ». D’après lui, le distributeur récupère le risque de l’éleveur, puisqu’il s’engage à écouler des volumes de viande. Mais ce risque à un coût, alors qui va le payer ? « C’est notre métier de savoir vendre. À nous de donner confiance au consommateur et de faire notre métier de commerçant », répond Eric Bourgeois. Carrefour a, dans les six mois précédents, contractualisé avec 3 000 éleveurs ovins (170 000 animaux/an) et 800 éleveurs de veau (30 000 animaux/an). Ces contrats représentent 60 à 80% de la viande sous Engagement Qualité Carrefour, vendue dans les magasins. Au total, près de 21 000 producteurs (viande, fruits et légumes…) se sont engagés avec Carrefour. À l’étranger, le groupe prône la même démarche avec les éleveurs locaux, mais n’a pas l’intention d’exporter la viande française.

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