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Carrefour et Bongrain, des pionniers de la pampa argentine

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Toute entreprise qui désire s’installer dans le pays, doit bénéficier du feu vert du gouvernement argentin. Une contrainte qui peut expliquer le peu d’entreprises françaises présentes dans le pays.

Carrefour est présent en Argentine depuis 1982. Si le n°2 mondial de la distribution a d’ailleurs bien failli quitter le pays en octobre 2009, il y est aujourd’hui leader dans le pays avec 25% de parts de marché.

Et 4 ans plus tard, ses ventes HT y ont progressé de 12,1% à changes constants et le résultat opérationnel courant de 14,2% (respectivement +0,5% et +3,5% en France) entre 2011 et 2012. Désormais, l’Amérique latine, y compris l’Argentine, pèse 18,46% des 76,8Md€ de CA HT du groupe.
Depuis l’arrivée de Georges Plassat, Carrefour a recentré ses activités dans les pays où il détient une position forte et où il dispose d’un profil multi-format. C’est le cas de l’Argentine, où le distributeur, présent dans 22 des 24 régions, compte 504 magasins (73 hypers, 128 supers, et 303 petits magasins), notamment à la suite du rachat de 129 de la chaîne discount Eki en juin 2012.
« On est entré en Argentine par l’hyper et on est devenu multi-format à partir de 2000 », explique-t-on chez Carrefour en soulignant que l’Argentine est l’un des seuls pays où l’enseigne est présente dans tous les formats.
« D’ici la fin de l’année, l’enseigne devrait encore ouvrir 5 magasins supplémentaires », confie Daniel Fernandez, le directeur de Carrefour Argentine rencontré au magasin de San Fernando à Buenos Aires.
Ce magasin est l’un des tout premiers magasins de la chaîne en termes de chiffres d’affaires (212 collaborateurs, 30 000 références). Organisé selon des univers à l’image de ce que furent les Carrefour Planet, les 11 000 m2 – dont 900 m2 pour les produits frais- ressemblent étrangement aux grandes surfaces européennes.
À quelques différences près…
« L’Argentine est un pays où seulement 35% du commerce est organisé et où la franchise n’existe pas ». La distribution spécialisée (meubles, électro-ménager, vêtements…) y est absente, aussi ces univers-là sont-ils très présents à l’intérieur même du magasin. Ce qui explique que le rayon frais pèse beaucoup moins qu’en France.
Selon Daniel Fernandez, c’est le niveau de services proposés qui différencie le plus les magasins argentins. « Les Argentins sont habitués à la livraison à domicile (NdLR : notamment en ce qui concerne les médicaments) et nous l’avons introduite dans nos hypers beaucoup plus tôt qu’en France », précise-t-il.
 
Bongrain contraint de s’associer avec Milkaut
L’implantation de Bongrain est beaucoup plus récente dans un pays qui affiche la plus forte consommation de fromages par habitant de tout le continent sud-américain.
Arrivé en Argentine en 1995, Bongrain vise le développement du marché local du fromage, que ce soit les fromages de poids ou les fromages tartinables.
Peu disert sur la stratégie du groupe en Amérique du Sud, Roland Dumas, directeur industriel pour l’Amérique Latine, y rappelle à Buenos-Aires les différentes phases de croissance du groupe en Argentine où le marché laitier est fortement dominé par des leaders comme SanCor ou Mastellone.
Le groupe y a racheté les activités fromagères de Nestlé Argentina à travers sa filiale Santa Rosa en novembre 1999. Créée en 1919, Santa Rosa est une marque réputée dans le pays.
Au moment de la crise de 2001, Bongrain est contraint de s’associer avec l’argentin Milkaut, une des principales filiales du groupe coopératif AUT (Association Union Tamberos) implanté au cœur de la première zone laitière du pays.
Bongrain signe un accord de partenariat avec AUT en 2006, constituant ainsi le 3e groupe fromager du pays. Bongrain ne détient pourtant que 40% du capital de ce nouvel ensemble. Fortement endetté, Milkaut se résigne à vendre ses activités à Bongrain en 2011 qui obtient le feu vert du gouvernement argentin un an plus tard.
Désormais Bongrain dispose de 6 sites de production (1400 salariés), tous situés au nord de Buenos-Aires, qu’il met actuellement à niveau sur un plan technologique.
Objectif prioritaire pour le Français : retrouver un équilibre financier et définir une stratégie de développement dans ce pays où les produits laitiers pèsent 22% des dépenses alimentaires des argentins ! Les laits de consommation représentant 58% des volumes collectés (11,3 milliards de litres collectés en 2012), les yaourts 21% et les fromages 3,1% (11,7% en valeur).

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