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Distribution/Résultats Carrefour maintient le cap et réorganise sa direction

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Le groupe Carrefour estime avoir atteint ses objectifs 2009 avec un résultat d’exploitation avant éléments non courants « de l’ordre de 2,775 milliards d’euros » ainsi qu’un cash flow libre « de l’ordre de 1,2 milliard d’euros ». Certes, le numéro deux mondial de la distribution a vu ses ventes reculer de 1,4% l’an dernier à 96,17 milliards d’euros, mais il se flatte de commencer à regagner certaines parts de marché et il annonce une réorganisation de sa direction « afin d’assurer la parfaite exécution du plan de transformation du groupe et d’en atteindre les objectifs stratégiques ».

Un an après l’arrivée à sa tête du Suédois Lars Olofsson, le groupe Carrefour a annoncé, à l’occasion de sa publication de résultats annuels, la création d’une direction exécutive, composée de Pierre Bouchut, Thierry Garnier, José Carlos Gonzales-Hurtado, et James McCann, un Britannique de 40 ans, ancien dirigeant de Tesco, qui remplacera Gilles Petit au poste de directeur exécutif France à partir du 1er février. Un directeur exécutif Europe devrait compléter cette équipe. La direction exécutive décidera, avec le directeur général, la stratégie, fixera les objectifs opérationnels et plan annuel et en contrôlera l’exécution, tandis qu’un comité exécutif participera à la conception du plan stratégique et le mettra en oeuvre.
En 2010, avec « une équipe de direction et une organisation renforcées, nous maintiendrons notre cap stratégique et poursuivrons la mise en œuvre de notre plan de transformation pour continuer de conquérir des parts de marché », a indiqué M. Olofsson.
En 2009, Carrefour a atteint ses objectifs avec un résultat d’exploitation avant éléments non courants « de l’ordre de 2,775 milliards d’euros » ainsi qu’un cash flow libre « de l’ordre de 1,2 milliard d’euros ». Le numéro deux mondial de la distribution a vu ses ventes reculer de 1,4% l’an dernier à 96,17 milliards d’euros, mais progresser de 1% au quatrième trimestre à 25,99 milliards d’euros, grâce notamment au Brésil et à la Chine qui ont réalisé une croissance à deux chiffres, +11% et +16,2% respectivement. Hors essence et à changes constants, le chiffre d’affaires progresse de 0,9% sur l’année et de 1% au dernier trimestre.

En France, seuls les supermarchés repartent
En France, les ventes ont reculé de 2,8% sur l’année à 41,28 milliards d’euros et se sont effritées de 0,1% à 11,15 milliards d’euros au quatrième trimestre. Le chiffre d’affaires annuel a reculé de 4,4% dans les hypermarchés, de 2,6% dans les supermarchés et de 6,7% dans le «hard discount». Au quatrième trimestre, la baisse des ventes des hypermarchés a été réduite à -2,7% et celle du « hard discount » s’est accélérée à -7,3%, mais les supermarchés ont vu leurs ventes progresser de 4,1%. Le groupe a pratiquement achevé le passage des supermarchés sous la bannière Carrefour Market.
Lars Olofsson a fait état de « gains de parts de marché, notamment en France, qui témoignent de la qualité d’exécution de nos initiatives stratégiques, visant à capitaliser sur l’attractivité de la marque Carrefour et à améliorer notre image prix ».
A l’étranger, dans les marchés en croissance, les ventes annuelles ont bondi de 9,4% en Amérique latine et elles ont grimpé de 8,8% en Asie. Les ventes en Europe de l’Ouest, hors France, ont en revanche reculé de 4,9% en 2009 à 14,29 milliards d’euros, avec « une pression déflationniste qui s’accélère en Espagne ».
Dans une interview au Figaro, le patron de Carrefour a précisé qu’il comptait affecter un tiers des 4,5 milliards d’euros économies prévues d’ici 2012 à la baisse des prix. Le reste servira à « redresser la rentabilité . L’an passé, nous avons réalisé 530 millions d’euros de réduction de coûts, plus que les 500 millions promis en mars. Jamais Carrefour n’était parvenu à plus de 150 millions d’économies par an », a commenté Lars Oloffson.

Remise en cause du siège de Levallois
S’agissant de la présence du groupe à l’international, le patron du groupe affirme qu’il n’est pas question d’abandonner le Brésil ou la Chine tout en n’excluant pas « de revoir (sa) position sur un certain nombre d’autres marchés émergents si le potentiel n’est pas important, ou si nous n’avons pas de possibilité de devenir leader ».
Par ailleurs Carrefour étudie une possible fermeture de son siège social à Levallois-Perret pour des raisons d’économies et d’efficacité. Selon son service de presse, le groupe mène une réflexion sur « un projet de regroupement des activités France sur une même zone géographique », probablement dans l’Essonne. Ce projet « est notamment motivé pour des raisons d’efficacité des organisations – l’éclatement géographique actuel rendant difficile la communication quotidienne nécessaire entre les équipes – et pour des raisons d’économie, puisque le coût du loyer actuel de Levallois est peu compatible avec le programme de réduction de coûts engagé », indique le groupe.

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