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Distribution Carrefour met la contractualisation au cœur de sa stratégie

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La contractualisation avec les agriculteurs et les industriels est au cœur de la stratégie du distributeur Carrefour, a indiqué ce dernier le 6 mai, soucieux d'une « réponse collective » face une grande consommation aujourd'hui en « période d'adaptation ». Trois éléments composent cette réponse : les caractéristiques du produit, la quantité, le prix.

« La contractualisation est un élément central pour faire évoluer notre modèle d'entreprise », a déclaré Jérôme Bédier, directeur général délégué de Carrefour, lors d'une conférence à l'Académie d'agriculture de France. « On vit une période d'adaptation de la grande consommation », a-t-il noté, citant les difficultés de distributeurs comme Tesco et Sainsbury's au Royaume-Uni, autrefois jugés comme des références. D'après lui, c'est « collectivement » que doivent être apportées les « réponses aux questions des consommateurs ».

Carrefour a affiché sa confiance en l'avenir, se sentant « solide » dans les produits frais. « On retrouve la contractualisation dans la plupart de nos pays, a indiqué Jérôme Bédier. Il y a une vraie demande d'actions » là-dessus, a souligné le distributeur, précisant qu'en Italie, Espagne, Chine, Brésil, la part des produits frais est importante. Carrefour entend « fonder la contractualisation sur la capacité à offrir des produits alliant diversité, qualité supérieure à la moyenne internationale, sur la capacité à être proche des traditions locales, du terroir. Tous ces éléments sont en train de modifier les comportements de consommation partout dans le monde », a-t-il ajouté, voyant un « mouvement assez profond » dans l'attitude de McDonald's ou d'autres grands groupes américains qui modifient leurs recettes, leur approche du marché.

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« Un grand pari qu'on devra gagner ensemble est l'information du consommateur, a lancé Jérôme Bédier. Il faut recréer une culture du produit. Beaucoup de consommateurs ne l'ont plus. » Pour Carrefour, cette communication est une « contrepartie » des contraintes imposées aux producteurs dans le cadre de la contractualisation. Le distributeur affirme obtenir de bons résultats, notamment avec le poulet sans antibiotiques. Cette nouvelle ligne de produits a créé de la différenciation mais aussi de la valeur ajoutée. « Le poulet sans antibiotiques constitue un exemple montrant qu'il est possible de créer de la valeur ajoutée », en expliquant au consommateur les différences en termes d'élevage, basé sur la phytothérapie, de meilleures conditions d'hygiène.

Les trois piliers de la contractualisation

La contractualisation chez Carrefour repose sur trois engagements par rapport aux caractéristiques du produit, à la quantité, au prix. Concernant le premier point, l'initiative vient généralement des producteurs, a noté Jérôme Bédier, citant l'exemple des pommes de terre non traitées après récolte, des fruits en culture intégrée. « Le cahier des charges doit être discuté conjointement, en s'interrogeant sur ce qui a du sens », a-t-il dit. Deuxième volet, Carrefour juge qu'une quantité minimum est la base de son engagement. Elle est valable sur une durée de trois ans dans les Filières Qualité Carrefour. Troisième aspect, la fixation du prix n'est jugée possible qu'en cas de « relative stabilité ». « Il nous paraît intéressant de réfléchir à deux pistes : une plage de prix, avec écrêtement vers le haut et vers le bas, ou une assurance, moyen moderne de garantir le revenu agricole.