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Distribution Carrefour met le cap sur le numérique et le bio

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Alexandre Bompard, le p.-d.g. de l’enseigne Carrefour a dévoilé son plan de transformation qui doit changer le visage du groupe d’ici 2022. 2 400 salariés du siège sont concernés par un plan de départ, 273 Proxi vont fermer et le groupe va investir massivement dans le numérique, le bio et les marques propres.

Attendu depuis des mois, le plan d’Alexandre Bompard, arrivé en juillet dernier à la tête du groupe, a enfin été dévoilé le 23 janvier. En se fixant pour objectif de devenir « le leader de la transition alimentaire pour tous » d’ici 2022, le distributeur va connaître de profonds changements.

Il va se séparer de 273 magasins ex-Dia, dont certains sont en « grande difficulté » depuis leur passage sous enseigne Carrefour, ce qui touche 2 100 salariés, et réduire les effectifs du siège où 2 400 collaborateurs (sur 10 500) vont être concernés par un plan de départ volontaire. Toujours au chapitre des économies, le projet de grand siège social dans l’Essonne est abandonné. Les réductions de coûts devraient atteindre 2 milliards d’euros dès 2020 en année pleine grâce à « l’optimisation des achats marchands » (réduction de l’offre et conduite des négociations commerciales à l’échelle internationale), la « rationalisation des achats non marchands » et la réduction des coûts logistiques et de structure.

Dès 2018, Carrefour prévoit une enveloppe annuelle d’investissement de 2 milliards d’euros pour maintenir les actifs et mettre en œuvre la transformation. Carrefour annonce ainsi « une hausse significative des investissements dans l’informatique et le digital », et un « accroissement des investissements supply-chain » pour créer une offre omnicanale dans l’alimentaire par l’automatisation des plates-formes de préparation de commande.

Chaque format de magasins va connaître des changements : les hypermarchés, dont 5 vont passer en location gérance, vont voir leur superficie réduite d’au moins 100 000 m2 d’ici 2020 ; 2 000 magasins de proximité vont être ouverts en en 5 ans, et le cash & carry va se développer au Brésil, en Argentine et en France avec Promocash.

Le numérique est un axe de développement stratégique pour l’enseigne qui prévoit d’investir 2,8 milliards d’euros en 5 ans, soit 6 fois plus qu’aujourd’hui. L’e-commerce devra générer 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022 à l’échelle du groupe, et 20 % des ventes alimentaires en France devront venir du numérique. Carrefour va développer encore la livraison à domicile, avec 15 villes disposant de la livraison en 1 heure dès cette année. Le drive et le click & collect vont être encore développés.

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L’enseigne veut enfin faire monter en gamme son offre alimentaire avec 20 % des approvisionnements à travers des filières Carrefour en 2020, un tiers des ventes avec ses marques propres en 2022, le lancement d’un plan d’agroécologie et la valorisation des productions locales. Le bio devra être démocratisé (5 milliards d’euros de ventes en 2022, contre 1,3 milliard en 2017) dans les magasins et en accélérant le développement de Greenweez.

« Afin d’améliorer sa génération de free cash flow, Carrefour mettra en œuvre une gestion active de son besoin de fonds de roulement, notamment via une optimisation des niveaux de stock, ainsi qu’une meilleure efficacité de ses investissements » qui devraient représenter une enveloppe de 2 Mrd€ par an dès 2018. 
Enfin, Carrefour garde comme objectif de conserver une structure financière solide. « Le Groupe souhaite également maintenir sa politique de dividende, avec un taux de distribution compris entre 45 % et 50 % du résultat net ajusté, part du Groupe ». Les investisseurs accueillent positivement les investissements prévus dans le commerce en ligne, alors que le groupe, dans le sillage de la grande distribution américaine, doit faire face à des compétiteurs tels qu’Amazon et d’autres plateformes de distribution du type Fnac Darty.

Tencent et Yonghui au capital de Carrefour Chine

« Carrefour a signé un protocole d’accord avec Tencent et Yonghui pour un investissement potentiel dans Carrefour Chine », a annoncé l’enseigne le 23 janvier, qui demeurera le premier actionnaire de Carrefour Chine. Ce projet « permettra de combiner le savoir-faire de Carrefour dans le domaine de la distribution avec l’excellence technologique de Tencent et l’expertise opérationnelle de Yonghui, en particulier sa maîtrise des produits frais », selon un communiqué. La coopération entre les partenaires concernera le partage des données, le « smart retail », les solutions de paiement mobile, l’amélioration de l’expérience magasin et l’exploitation de données afin de dynamiser le trafic en magasin de Carrefour Chine.