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Distribution/Résultats Carrefour prépare sa relance de l’hypermarché

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Le groupe de distribution Carrefour, qui a atteint ses objectifs en 2009 malgré une dégringolade de son bénéfice, va poursuivre son plan de transformation et veut gagner des parts de marché en France. Lors de l’annonce de ses résultats 2009, les dirigeants du groupe ont levé un peu plus le voile sur le projet de redynamisation de ses hypermarchés en France, sa nouvelle priorité désormais même s’ils ne pèsent que 22 % du chiffre d’affaires du groupe.

En présentant ses résultats la semaine dernière, Lars Olofsson, directeur général du groupe Carrefour, a décrit un à un l’état des chantiers en cours pour transformer le numéro deux mondial de la distribution. Une mutation rendue nécessaire au sortir d’un exercice décevant.
La France, numéro un de ses priorités, est néanmoins « un marché où Carrefour avance », a-t-il assuré. Son résultat opérationnel y est pourtant en recul de 27 %. Et ses ventes ont reculé de 2,7 %, à 36,9 milliards d’euros. « Mais, pour la première fois depuis quatre ans, Carrefour y a regagné des parts de marché », a souligné Lars Olofsson. Avec sa dizaine d’enseignes (Carrefour, Carrefour Market, Carrefour City, Carrefour Contact, Dia, Ed, Proxi, Shopi, etc.), elle s’est établie à 21,4 % en 2009, soit 0,3 point de plus qu’en 2008 et 0,4 point de plus à périmètre comparable. La conversion de l’ensemble des supermarchés Champion, détenus en propre, en Carrefour Market y a grandement contribué, ce qui, selon le patron du groupe est « un énorme succès ».

Un nouveau concept d’hypermarchés
Mais c’est dans les hypers que le groupe accélère maintenant sa rénovation. Le « réenchantement » de ce format a été promis par Lars Olofsson dès son arrivée à la tête du groupe il y a un an. Il en a confié la tâche à Guillaume Vicaire début 2010 et les contours exacts du plan de relance devraient être connus en juin prochain. Ainsi il y lance un nouveau mode de promotions, la « promo libre » qui permet aux détenteurs d’une carte de fidélité de choisir les produits sur lesquels ils souhaitent obtenir une ristourne. Chaque semaine alternativement, un rayon entier dans les produits alimentaires se verra appliquer ce système. Un moyen de faire revenir la clientèle des « familles » et de reprendre l’offensive sur le terrain des prix au sortir d’une année où le chiffre d’affaires des 200 hypers français du groupe a reculé de 5,3 % et leur part de marché a baissé en valeur de 0,2 point à 13 % selon TNS Worldpanel.
La réinvention de l’hypermarché passera aussi par un resserrement de l’offre. « Trop de choix tue le choix », juge Lars Olofsson. L’ancien patron de Nestlé va réduire le nombre de ses fournisseurs et augmenter de 15 % les références vendues sous MDD donc avec de meilleures marges.

L’allié Atacadeo débarque en France
En France, le groupe va aussi tester l’enseigne Atacadao, une enseigne née au Brésil et qui réussit là-bas depuis son rachat par Carrefour en 2007. Ne comprenant que des rayons de produits pas chers dans des grands magasins de 7 000 mètres carrés, l’enseigne pourrait s’apparenter à un hypermarché. L’hypermarché new-look de Carrefour sera aussi destiné à la Belgique, l’Italie et l’Espagne. Mais une fois qu’il aura fait ses preuves en France. En Italie, où le groupe se replie sur le nord du pays, 700 Carrefour Express et 400 Carrefour Market seront ouverts. La Belgique devrait, elle, accueillir 200 Carrefour Express et 120 Carrefour Market.
Ailleurs, Carrefour poursuit son expansion. Il renforcera ses positions en Chine, avec l’inauguration de 22 nouveaux hypermarchés et 140 magasins hard discount. Idem au Brésil, où il ouvrira 12 Atacadao, 2 hypermarchés et 40 magasins de hard discount. Et, sans surprise, il dit toujours être sur un projet d’ouverture en Inde.

Chute du bénéfice de 74 %
Pour l’exercice 2009, les résultats publiés par Carrefour révèlent une très forte baisse de son bénéfice net, de -74,2% à 327 millions d’euros, qui s’explique notamment par des charges non récurrentes de 1,07 milliard d’euros. Ces charges non récurrentes comprennent des dépréciations, principalement en Italie, pour 766 millions d’euros, 172 millions d’euros de charges de restructuration et 66 millions d’euros liés au plan de transformation.

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