Plombé par ses hypermarchés qui ne répondent plus aux attentes des consommateurs, Carrefour a vu son bénéfice fondre en 2008, une situation que son nouveau patron Lars Olofsson entend redresser en améliorant ses performances en France et en baissant les prix.
Le groupe Carrefour a annoncé un bénéfice net en baisse l’an dernier de 44,7 % à 1,27 milliard d’euros, pour un résultat opérationnel (Ebit) de 2,77 milliards, en baisse de 16,8 %. Le numéro deux mondial de la distribution, fondateur de l’hypermarché il y a 40 ans, souffre de la remise en question de ces formats de magasins et de l’impact de la crise sur les ventes de produits non alimentaires.
L’hypermarché, qui représente 57% de l’activité de Carrefour, « n’est plus roi », a déploré son directeur général Lars Olofsson, l’ancien numéro 2 de Nestlé qui s’exprimait pour la première fois lors de la présentation des résultats. Si son prédécesseur à ce poste, José Luis Duran, avait axé son programme de « relance » de Carrefour sur des ouvertures de magasins tous azimuts dans le monde et un développement accéléré dans les pays à fort développement économique (Brésil, Chine), Lars Olofsson juge que sa priorité est le renforcement en France, où il réalise 40 % de son chiffre d’affaires.
« Priorité des priorités »
« La France est ma première priorité. Nous devons impérativement retrouver une dynamique de croissance en France, qui se manifestera par des gains de parts de marché et par une croissance (de chiffre d’affaires), magasins par magasins », a insisté Lars Olofsson.
En Belgique et en Italie où le groupe rencontre aussi des difficultés, « nous ne pouvons pas rester en situation de statu quo. Nous devons prendre des décisions », a-t-il souligné, sans plus de détails.
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Parallèlement, le nouveau patron a énuméré les nombreux autres « défis » qui se présentent à Carrefour : une absorption difficile de Promodès dix ans après ce mariage, un chiffre d’affaires et une rentabilité au m 2 en deçà des « meilleurs de la classe », une image d’enseigne chère qui colle à ses hypermarchés, une méconnaissance du client et une organisation trop complexe qui coûte cher.
« C’est en affrontant ces défis que Carrefour va rattraper son retard sur les meilleurs de son secteur », a-t-il jugé, se donnant jusqu’en juin pour faire un point d’étape.
600 M EUR d’investissement prix
D’ores et déjà, Carrefour prévoit d’investir 600 millions d’euros en 2009 au niveau mondial pour renforcer les promotions et baisses de prix et accroître de 40 % l’étendue de la marque Carrefour (2500 références nouvelles en France d’ici la fin de l’année), de faire des économies de coûts de fonctionnement de 500 millions (sur 20 milliards), soit trois fois plus qu’en 2008, et de lancer des investissements, plafonnés à 2,5 milliards d’euros contre 2,9 milliards en 2008 et qui « ne seront libérés que progressivement en fonction des résultats ». Carrefour compte ouvrir 1,2 million de mètres carrés dans l’année. Le patron du groupe a décidé d’accélérer la transformation des 900 supermarchés Champion en Carrefour Market pour l’achever fin octobre. Il a jugé « absolument nécessaire » la dynamisation de la chaîne de hard-discount ED. Il a annoncé l’ouverture au Brésil et en Chine de plus de 180 magasins cette année, et il prévoit bien de créer un premier magasin en Russie, avec quelques mois de retard, et de même d’ici un an un cash and carry en Inde.
Carrefour n’a donné aucune prévision de résultats pour l’année en cours, se limitant à indiquer que le chiffre d’affaires à taux de changes constants hors essence en janvier et février était en hausse par rapport à la période un an plus tôt. « Nous anticipons un environnement difficile en 2009 », a déclaré le directeur financier Eric Reiss, ajoutant que les tendances de consommation « ne se sont pas améliorées par rapport à 2008 ».