L’enseigne Carrefour, au sortir d’un semestre moins décevant que prévu, repart de l’avant à l’étranger et se veut plus offensive en France.
C’est avec une certaine inquiétude que les résultats du groupe Carrefour, le premier groupe de distribution européen, étaient attendus début septembre. Le soulagement l’a finalement emporté à la publication de ses chiffres du premier semestre puisque Carrefour n’enregistre « qu »’une baisse de 6,9 % de son bénéfice net, à 687 millions d’euros. Le chiffre d’affaires du semestre est, quant à lui, en hausse de 2,6 %, à 35,44 milliards d’euros, s’est félicité José Luis Duran, le nouveau président du directoire depuis février dernier. Et si le résultat opérationnel du groupe est en recul sur le semestre de 3,1 % à 1,262 milliard EUR, c’est toujours mieux que les 1,237 Md escomptés.
Carrefour envisage, selon ses dirigeants, de renforcer sa croissance hors de France (en hausse de 24 % ce semestre) tandis que le marché national (48 % des ventes totales) est voué à peser de moins en moins dans la rentabilité du groupe ; en effet il accuse une baisse de 14,8 %, en raison de « l’impact des efforts de prix sur la marge commerciale ».
Changement de modèle économique
Ces résultats mitigés s’expliquent en partie par la particularité de l’année 2005 vue comme une période de « transition entre un modèle économique basé sur la croissance de la marge commerciale et un modèle axé sur une croissance du chiffre d’affaires rentable », a précisé le groupe dans sa présentation à la presse.
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Faut-il alors croire que les temps difficiles sont révolus et qu’une amélioration se prépare ? C’est ce que laisse entendre José Luis Duran qui table «sur une croissance rentable» de son groupe à partir de 2006 et confirme son objectif d’une progression moyenne du chiffre d’affaires de 5 à 10 % entre 2006 et 2008 : « Il y a encore beaucoup à faire, mais nous sommes confiants». Au deuxième semestre, le groupe prévoit une poursuite des résultats positifs hors de France afin de compenser l’évolution à la baisse en France. Au-delà des acquisitions réalisées récemment (en Turquie, au Brésil, en Italie et en Grèce), ce sont les marchés d’Amérique latine (Colombie), d’Europe de l’Est (Pologne) et d’Asie (Indonésie et Corée) qui devraient accélérer la croissance générale du groupe qui, dans le même temps, se décide à opérer des désengagements là où il n’est pas assez bien placé (cf. encadré sur la République tchèque).
Gain de parts de marché : +0,7% en France
Si la baisse des prix a entraîné de moindres résultats, elle a néanmoins permis à Carrefour de gagner des parts de marché en France dans l’alimentaire (+0,7 %) ce qui ne s’était plus vu depuis 2000. Ainsi cette politique reste une priorité pour les dirigeants du groupe, d’autant que la réforme de la loi Galland laissera plus de flexibilité pour la fixation des prix. L’effort de compétitivité dans les hypermarchés français est désormais ciblé essentiellement sur le non-alimentaire, après avoir visé l’épicerie et les produits frais.