Abonné

Distribution/Résultats Casino améliore son bénéfice et mise sur quelques pays très porteurs

- - 4 min

Casino a pu, grâce à sa croissance à l’international, améliorer son bénéfice en 2009 de 19,3 % à 591 M EUR. Il misera plus que jamais en 2010 sur les pays porteurs que sont par exemple le Brésil ou le Vietnam. Par ailleurs, il frappe un grand coup en France en partant à l’assaut du monopole de Nestlé sur les dosettes de café Nespresso.

En 2009, le groupe de distribution français Casino a réalisé un bénéfice net part du groupe en hausse et supérieur aux attentes, grâce à « la croissance soutenue de l’international ». Le bénéfice net a grimpé de 19,3% à 591 millions d’euros. En France, son résultat brut d’exploitation a reculé de 4,8% à 17,66 milliards d’euros tandis que celui à l’international a progressé de 6,7% à 9,09 milliards. Casino poursuivra son plan de cession d’actifs d’un milliard d’euros d’ici fin 2010. Ce plan, dans le cadre duquel il a cédé Super de Boer, est déjà effectué « aux deux tiers », a indiqué le p.-d.g. Jean-Charles Naouri.
A l’international le groupe veut « être leader sur quelques pays très peuplés et très porteurs » comme le Brésil et le Vietnam, a affirmé le patron du groupe. Alors qu’il y a dix ans Casino était essentiellement un groupe « franco-français », il s’est transformé, « sortant de pays développés où le potentiel de croissance paraissait faible », comme les Pays-Bas et la Pologne, pour se renforcer dans des pays émergents très porteurs, a-t-il expliqué. La part du chiffre d’affaires générée par les pays émergents a ainsi presque triplé depuis 2000 pour atteindre 35 %, tandis que la part provenant de l’Hexagone s’est réduite à 62 % contre 76 % auparavant.

Objectif 20 milliards au Brésil
Dans le même temps, le poids des autres pays à l’international a été presque divisé par quatre à 3%. Le Brésil, où « tous les clignotants sont au vert », est « très porteur », a souligné M. Naouri, aussi bien en distribution alimentaire que non alimentaire, avec une population qui s’accroît, des ménages qui s’équipent et un « fort potentiel de développement dans l’e-commerce ». Dans ce pays, le groupe prévoit de «tangenter les 50 milliards» de reals (20 milliards d’euros) de chiffre d’affaires en 2010. Au Brésil comme en Colombie, le groupe va développer l’immobilier commercial.
En Thaïlande, le groupe prévoit cinq ouvertures d’hypermarchés et de galeries par an entre 2010 et 2012 et au Vietnam 5 ouvertures par an sur la même période.

A l’assaut de Nespresso
Par ailleurs, Casino annonce qu’il va commercialiser en France, vers le mois de mai, des dosettes compatibles avec les machines Nespresso environ 20 % moins cher. Casino souligne que ces dosettes seront disponibles dans ses 7.500 magasins ainsi que dans les Monoprix et Leader Price alors que les dosettes Nespresso sont vendues seulement dans une vingtaine de magasins en France et sur internet.
Ces dosettes seront produites en France, dans une usine de café à Chambéry, gérée par un sous-traitant basé en Suisse, Ethical Coffee Compagny (ECC). ECC a été créée par Jean-Paul Gaillard…l’ancien patron de Nespresso (de 1988 à 1997) et son usine emploie 35 personnes, mais elle devrait atteindre, selon lui, 500 salariés d’ici trois à cinq ans pour produire 450 millions de dosettes en 2010 et près de 2 milliards en 2011, sachant que, selon M. Gaillard, le marché mondial est estimé entre 6 et 7 milliards de dosettes Nespresso. Certains clients potentiels en Autriche, Allemagne ou encore en Espagne se sont déjà fait connaître.
Nestlé, avec sa machine Nespresso est leader sur le marché des machines à café en France. Elle est la seule à avoir protégé par quelque 1 700 brevets ses dosettes vendues 0,35 euro pièce en moyenne. Mais Jean-Paul Gaillard a « vu une faille dans les nouveaux brevets Nespresso ». Selon lui, ses dosettes, à base d’amidon, seront moins chères, à qualité au moins égale, et en plus « biodégradables en six mois » selon les normes européennes.
En face, Nestlé et sa marque Nespresso se disent sereins. « Nous attendons de voir le produit », dit le directeur général de Nespresso France Arnaud Deschamps, confirmant que les dosettes étaient toujours protégées par des brevets jusqu’à fin 2012. « Mais ce ne sont pas les brevets qui nous protègent le plus, c’est la qualité de nos produits ». La marque a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires mondial de 1,8 milliard d’euros, dont près d’un quart en France, et revendique plus de 7 millions de clients dans le monde.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.