Le distributeur stéphanois a tenu bon dans la tourmente et les inondations. L'activité est marquée par une hausse de l'ordre de 5 % en France et à l'étranger – à taux de change constants. Ces résultats satisfaisants montrent néanmoins – à magasins comparables – que Casino n'échappe pas, malgré ses choix stratégiques, à la tendance lourde d'une relative désaffection des consommateurs pour le format hypermarché au bénéfice du maxidiscompte.
On n'est jamais mieux servi que par soi-même, dit-on, alors autant organiser sa propre concurrence, puisque concurrence il doit y avoir. C'est ainsi que plusieurs grands distributeurs français ont clairement opté pour une stratégie dite « multiformat », qui consiste à développer au sein d'un même groupe de distribution des enseignes concurrentes positionnées chacune sur un format différent. Le marketing appelle cela « segmenter l'offre » mais, pour les clients, il s'agit bien de concurrence et ce qu'un format peut gagner, l'autre le perdra. D'où, sans doute, la relative stabilité des résultats globaux et à périmètre constant des distributeurs français.
Du Petit Casino au Géant
Le groupe Casino est adepte du « multiformat » depuis un certain temps. Ses magasins vont du Petit Casino au Géant (tout est relatif, les hypermarchés du distributeur stéphanois couvrent une surface moyenne de 7 000 mètres carrés). C'est en 1960 que Casino a commencé à développer des supermarchés et en 1970 des hypermarchés. Mais le groupe a confirmé son ancrage historique dans la proximité en 1997 en nouant une alliance avec Monoprix, qui a permis à l'enseigne de s'emparer de son rival Prisunic. La même année, Casino a réalisé une opération dont il n'a pas fini de tirer tous les bénéfices : une prise de participation majoritaire dans le réseau Franprix-Leader Price.
Aujourd'hui, la course à la taille des hypermarchés semble bien terminée. L'évolution du mode de vie, la composition des ménages, l'urbanisation et la saturation des centres-villes, ainsi que l’uniformisation des prix des produits transformés, ont favorisé le développement des magasins de la proximité (c'est-à-dire accessibles sans voiture) et des magasins maxidiscomptes (dont la taille et l'implantation sont également celles de la proximité). Aujourd'hui, le groupe Casino peut se féliciter de son ancrage en proximité/maxidiscompte. Sur l'exercice 2003 (voir également encadré ci-contre), ce réseau a enregistré des progressions à deux chiffres, soit +9,8 % pour Franprix-Leader Price et +11,5 % pour les supérettes Petit Casino, Eco Service, Spar et Vival. Quant à Monoprix, l'enseigne de centre-ville dont le positionnement prix très élevé ne semble pas inquiéter les dirigeants, a perdu 0,2 % sur l'année. A magasins comparables, l'enseigne a progressé de 2,8 % sur l'année.
En dehors de l'attrait non démenti des MDD Leader Price disponibles tant dans l'enseigne que dans les magasins Franprix, la contribution à ces bons résultats de l'ouverture de 45 magasins dans le réseau Franprix/Leader Price n'a pas été des moindres. Mais que l'on ne s'y trompe pas, entre Franprix et Leader Price, c'est bien l'enseigne maxidiscompte qui draine la clientèle : à magasins comparables, Leader Price a affiché un CA à + 7,4 % en 2003 contre + 0,7 % pour Franprix.
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Reclassement
Non négligeable pour doper les chiffres de la proximité, non plus, le reclassement de 87 supermarchés Casino d'une surface inférieure à 600 mètres carrés qui ont été transférés, début 2003, en supérettes. D'où il ressort notamment que les supermarchés Casino ont perdu 1,9 %. A magasins comparables, ces derniers ont affiché +1,1 % sur l'année.
Comment s'étonner que le développement du maxidiscompte fasse de l'ombre aux hypermarchés ? L'enseigne Géant n'a pas échappé, même si c'est dans une moindre mesure que certains de ses rivaux, au transfert de clientèle de ce format au maxidiscompte. En France, où le groupe réalise 80 % de ses ventes, les hypermarchés Géant, qui ont affiché +3,3 % sur l'année, à 7,19 milliards d'euros, se sont essoufflés en fin d'année. Au quatrième trimestre, les ventes ont accusé un repli de 0,6 % à magasins comparables. Le recul est néanmoins bien inférieur à celui de Carrefour (-1,8 %), d'où un gain de part de marché de 0,2 %.
Au quatrième trimestre,les ventes des hypermarchés Géant ont accusé un repli de 0,6 % à magasins comparables