Le groupe Casino se renforce au Brésil en prenant le contrôle du leader incontesté de la distribution brésilienne, le groupe CBD qui était son allié depuis 1999. Le distributeur français débourse pour cela quelque 407 millions d’euros.
Six ans après avoir mis un pied au Brésil en acquérant 27,4% de CBD, le groupe français a signé un nouvel accord avec la famille de M. Abilio Diniz, l’actionnaire historique de CBD, pour acquérir les trois-quarts des droits de vote du groupe brésilien.
Après finalisation de l’accord (au plus tard fin septembre), Casino détiendra 50 % des droits de vote de la holding de contrôle de CBD ainsi que 28,7 % des droits de vote directs de CBD. Soit au total, a précisé Casino, 74 % des droits de vote de CBD. Sa participation directe et indirecte au capital de CBD passera dans un premier temps à 34,3 % et montera jusqu’à 39 % sans débours supplémentaire grâce à certaines possibilités fiscales. Il pourra ensuite monter à 41 % par une option d’achat supplémentaire.
Gestion paritaire jusqu'en 2012
En terme de gestion, Casino a accepté jusqu’en 2012 un contrôle à parité avec la famille d’Abilio Diniz : les deux partenaires disposeront du même nombre d’administrateurs au conseil de la holding et de CBD. M. Abilio Diniz reste président de CBD et devient président de la holding. Mais Casino obtient l’assurance d’« une plus grande implication dans la gestion opérationnelle ».
Casino obtient aussi la possibilité à partir de 2012 de renforcer encore son poids en nommant le président du conseil d’administration et en montant encore au capital.
Casino estime que, dans un contexte économique particulièrement porteur, l’opération va mécaniquement faire progresser de 7 % en 2005 son chiffre d’affaires, son excédent brut d’exploitation (EBITDA) et son résultat opérationnel courant. A noter que le chiffre d’affaires de CBD a augmenté de 16,2 % au 1er trimestre : en l’intégrant à hauteur de 34 %, Casino aurait vu le sien croître de 2,1% au lieu des 1,1 % publiés.
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Le prix payé par Casino pour l’opération valorise CBD à 2,6 milliards d’euros, soit 60 % de son chiffre d’affaires et 7,8 fois son EBITDA estimés pour 2005, des multiples habituels dans la distribution en Amérique du Sud, selon Casino.
L’opération renforce le poids de l’international chez Casino, qui passera de 20 % de ses ventes en 2004 à 27 % en 2006, stratégie qu’attendaient les marchés. Ainsi, CBD deviendra le premier contributeur au résultat opérationnel de Casino à l’étranger.
La prise de contrôle ne devrait pas plomber la dette de Casino, car la situation financière de CBD sera assainie. Le groupe brésilien vendra en effet pour 1 milliard de reals (307 millions d’euros au cours actuel) « une partie de son parc immobilier de magasins » dans lesquels il restera simple locataire.
Casino maintient ainsi son objectif d’un ratio dettes sur fonds propres inférieur à 100 % fin 2005.
CBD, de loin le numéro un au Brésil dans la distribution alimentaire avec 551 magasins dans 12 Etats et 17% du marché, et son enseigne phare Pao de Azucar, a dégagé un chiffre d’affaires de 12,6 milliards de reals (3,92 milliards d’euros) en 2004.