Le groupe de distribution Casino a amélioré sa rentabilité en 2008 par rapport à 2007 grâce à ses activités à l’international, mais s’est gardé de faire des prévisions chiffrées en 2009 étant donné le contexte économique. Pour préserver ses marges dans l’immédiat, Casino prévoit notamment de réduire ses stocks, baisser ses investissements et arrêter la vente de produits de grandes marques peu rentables, ont indiqué ses responsables.
En 2008, le résultat net du groupe Casino s’est établi à 497 millions d’euros, en chute de 39% par rapport à 2007 qui avait vu son bénéfice gonflé par des plus-values de cessions. Hors ces éléments exceptionnels, tous les indicateurs du groupe sont au vert, avec un résultat brut d’exploitation de 1,95 milliard d’euros, en hausse de 8,5% et un résultat opérationnel courant (ROC) accru de 7,3% à 1,28 milliard.
« Casino est bien armé pour faire face à l’environnement actuel », s’est félicité Jean-Charles Naouri, p.-d.g. de Casino lors d’une conférence de presse. Selon lui, le modèle de Casino, basé sur les magasins de proximité (Franprix, Vival, Spar, Petit Casino), le hard-discount (Leader Price) et le commerce en ligne (Cdiscount) permettra de résister en 2009.
L’international, où le groupe réalise environ 40% de son activité, demeure « le moteur de croissance » de Casino, a souligné M. Naouri. Le ROC y a augmenté de 19,8% sur un an à 378 M EUR alors qu’en France il a progressé de 2,8% à 880 millions.
Pour préserver ses marges dans le contexte difficile qui se dessine, Casino prévoit notamment des réductions « importantes » de ses stocks, une baisse de ses investissements et l’arrêt de la vente de produits de grandes marques peu rentables.
Moins d’investissements
Les investissements devraient passer à 800 millions d’euros, contre 1,2 milliard un an plus tôt. En France, ces investissements iront à l’ouverture de nouveaux magasins à enseignes Franprix, Leader Price et Supermarché Casino, alors qu’à l’étranger, Casino se concentrera sur le Brésil et le Vietnam.
En revanche, « quelques unités de petits supermarchés et supérettes » non rentables devraient fermer, a indiqué Jacques-Edouard Charret, directeur général adjoint de Casino. Aucun hypermarché ne devrait fermer, selon lui. Ces fermetures, a-t-il fait remarquer, « n’ont rien d’exceptionnel par rapport aux fermetures que nous faisons chaque année ».
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Parallèlement, face aux nouveaux modes de consommation, « nous devons adapter l’assortiment des grandes marques de manière à le réduire », a déclaré M. Naouri, rappelant que la part de marché des marques de distributeurs (MDD) a fortement augmenté en 2008 au détriment des grandes marques. « Les références qui seront le moins vendues doivent être réduites ou supprimées, afin de concentrer la puissance d’achat du groupe sur les références les plus vendues ». Dans les hypermarchés, Casino va accélérer la réduction des surfaces dédiées à la vente de produits électroménagers qui se porte mal. « S’il y a une baisse de 1% à 2% du chiffre d’affaires, il est normal, selon le p.-d.g., que les surfaces et les capitaux alloués à ces surfaces baissent de 1 % à 2 % ». Des réductions «importantes» de stocks dans l’alimentaire et le non alimentaire sont aussi prévues.
Concernant les tendances de consommation au premier trimestre, M. Naouri a souligné que la croissance organique du chiffre d’affaires hors essence est positive fin février.
Il prévoit une hausse de 1 % à 1,5 % des prix dans les magasins Casino en France en 2009 en moyenne annuelle par rapport à 2008, et une évolution de 0 % en glissement de décembre à décembre.
Opérations de désendettement
Le groupe, qui a vu le coût de son endettement net grimper à 379 millions d’euros contre 295 millions en 2007, prévoit notamment de céder pour environ un milliard d’euros d’actifs d’ici fin 2010. Parallèlement, la société foncière Mercialys, filiale de Casino, a annoncé le rachat auprès du distributeur de 25 actifs immobiliers pour un montant de 334 millions d’euros. Casino sera payé en actions Mercialys mais à l’issue de l’opération, le distributeur détiendra 50,4 % du capital et des droits de vote de sa filiale, contre 59,7 % actuellement. Cette opération n’entre pas dans le cadre du programme de cessions d’un milliard d’euros, a précisé une porte-parole de Casino.
La dette de Casino, qui se situait à 4,8 milliards d’euros fin 2008, à comparer à 4,4 milliards un an plus tôt, inclut une provision de 420 millions (reconduite en 2009) relative au litige qui oppose depuis deux ans le groupe de distribution à la famille Baud, fondatrice des enseignes Franprix et Leader Price, a précisé Jean-Charles Naouri.
Cette somme correspond aux actions de la famille Baud (dans Franprix/Leader Price), même si Casino considère que « ce coût est caduc ». M. Naouri avait accusé en 2007 la famille Baud d’être responsable des contre-performances de Franprix et de Leader Price, et d’avoir « privilégié son intérêt au détriment de l’intérêt social » des deux enseignes de distribution. Une accusation que la famille Baud réfute. Elle détient 5% de Franprix et 25 % de Leader Price, le reste étant entre les mains de Casino. Le principal litige entre les deux groupes devrait être réglé « d’ici fin 2009 » devant le tribunal arbitral, a ajouté M. Naouri, qui s’est déclaré « confiant » quant à son issue. Depuis leur reprise en main, ces deux enseignes ont accéléré leur développement, en doublant le nombre d’ouvertures depuis 2007.