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Distribution/Résultats  Casino veut rassurer en projetant 2 milliards de cessions

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Le groupe Casino, qui a vu chuter de 37,1 % son bénéfice net 2005, à 344 millions d’euros, s’est engagé à céder pour 2 milliards d’euros d’actifs non stratégiques d’ici fin 2007. Une nouvelle qui a rassuré les marchés financiers.

Après une année noire en 2005, marquée par la chute de son bénéfice net et une lourde dette, le groupe de distribution Casino met en œuvre un plan de cession d’actifs de 2 milliards d’euros qui s’achèvera fin 2007 visant, selon son p.-d.g., Jean-Charles Naouri, à céder les activités jugées non stratégiques au vu de « leur faible potentiel de croissance et de leur incapacité à atteindre des positions de leadership ».

Les parts de GMB et les cafétérias pour commencer

Après de longues années de tergiversations, Casino a finalement décidé de céder à Louis Delhaize, pour 850 millions d’euros, 42,39 % de GMB, déjà filiale du groupe belge. Grâce à cette cession, Louis Delhaize reprend 100 % du contrôle de ses filiales, notamment Cora, Supermarchés Match et Truffaut (cf encadré).

Auparavant, Casino avait déjà cédé 15 % de sa filiale foncière Mercialys, pour près de 240 millions d’euros.

Hors ces deux opérations, « d’ici 2007, le groupe entend céder pour 1,5 milliard d’euros d’actifs », a indiqué Jean-Charles Naouri en présentant ses résultats à la presse. Le groupe cherche notamment à revendre ses cafétérias, pour 500 ou 600 millions d’euros selon diverses estimations.

Ces cessions permettraient en premier lieu d’éponger de façon « significative » dès 2006 la dette du groupe qui a déjà reculé à 5,44 milliards d’euros fin 2005, contre 5,59 milliards fin 2004.

Ce plan devrait également permettre au groupe d’atteindre une hausse organique de son chiffre d’affaires supérieure à celle de 2005 (+ 7,6 %) et une croissance de son résultat opérationnel courant, qui a reculé de 9,7 % en 2005.

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Confiance dans le hard-discount

En 2006, outre son programme de cessions, Casino va miser sur ses formats discount (enseigne Leader Price) et proximité (Franprix et Monoprix), qui « ont démontré la solidité de leur modèle économique et de leurs performances opérationnelles », dans un environnement concurrentiel difficile. Chez Leader Price, les coûts représentent 13 % du chiffre d’affaires et la marge d’exploitation est à plus de 8 % alors que pour les hypermarchés ces ratios sont respectivement de 25 % de coûts pour 2 à 3 % de marge, a souligné Jean-Charles Naouri qui s’est inscrit en faux contre tous ceux qui prédisent la fin du hard-discount en France.

De meilleurs résultats à l’international

Casino va également accélérer son développement dans ses marchés internationaux à fort potentiel, l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est, notamment au Brésil, en Colombie, en Thaïlande et au Vietnam.

L’année dernière, il s’était renforcé au Brésil. Actionnaire minoritaire du leader brésilien de la distribution CBD depuis 1999, il avait finalement convenu en mai avec son partenaire, la famille Diniz, de prendre le co-contrôle de CBD pour 407 M EUR en numéraire. Casino a également pris le contrôle de Vindemia, leader de la distribution dans l’océan Indien (Réunion, Maurice, Mayotte...) en acquérant 36,6% du capital pour 199,6 M EUR.

En France, l’an dernier, le distributeur stéphanois a souffert de l’environnement difficile de l’activité (75 % de ses ventes) et il a dû sacrifier sa rentabilité pour maintenir ses prix compétitifs. Du coup, il a vu fondre son bénéfice net à 344 millions d’euros, en chute de 37,1 % sur un an, alors que le résultat d’exploitation (Ebitda) s’est établi à 1,552 milliard d’euros, en baisse de 4 % sur un an.

Dans l’hexagone, le résultat d’exploitation a chuté de 11,1 % à 1,217 milliard, en revanche, à l’international, il a progressé de 35,3 % à 335 millions.

Selon certains analystes comme Natexis Bleichroeder cet « ambitieux » plan de réduction de la dette ira au-delà de la cession des actifs déjà cités et pourrait toucher aussi les activités de Casino aux Etats-Unis, à Taïwan, en Argentine, Uruguay, Pologne et Hollande. Et même en France, selon ces analystes, la question d’une cession des hypermarchés apparaît comme « une possibilité au regard de la volonté du groupe d’axer prioritairement son développement sur le discount et la proximité ». Une hypothèse qu’a écartée pourtant Jean-Charles Naouri en soulignant que l’enseigne Géant fait l’objet d’importants efforts avec une direction renouvelée et un plan d’action volontariste, tandis que le concept Géant Discount sera redéployé sur environ 10 % du parc.