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Castration : Denormandie espère trois options d’anesthésie locale

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Lors de l’assemblée générale d’Inaporc, le ministre de l’Agriculture s’est montré déterminé à offrir au moins trois solutions d’anesthésie locale pour la castration des porcelets d’ici 2020. Mais par ailleurs la filière ne semble pas dans les temps sur ce dossier.

En vue de l’interdiction de la castration à vif des porcelets au 1er janvier 2022, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a annoncé, lors de l’assemblée générale de l’interprofession porcine, le 6 juillet, qu’il avait pour objectif qu’au moins trois protocoles d’anesthésie locale soient rendus disponibles aux éleveurs à cette échéance. En effet, trois produits anesthésiques (et leurs protocoles d’application respectifs) intéressent la filière, qui ont été présentés lors de l’assemblée générale : la procaïne, qui est actuellement disponible, mais jugée insuffisamment efficace par certains vétérinaires ; le tri-solfen, qui ne dispose pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) en Europe ; et la lidocaïne, dont l’AMM ne concerne pas le porc. « Deux des trois protocoles présentés ce matin sont d’ores et déjà mobilisables », a annoncé Julien Denormandie. « Le travail se poursuit avec l’interprofession et l’ANMV (Agence nationale du médicament vétérinaire, ndlr) sur le troisième protocole, qui concerne une molécule non autorisée pour qu’il puisse être mis en place d’ici janvier 2022. »

Doute sur le calendrier

Par ailleurs, l’assemblée générale n’a pas apporté d’avancée sur ce dossier de la castration. Par exemple, la question de la prise en charge du surcoût de la détection des carcasses odorantes – dont le CRP Bretagne propose qu’elle soit réalisée par Uniporc – n’a pas encore été réglée. Concrètement, la technique n’est, de toute façon, pas encore rodée ; deux tests de nez humains vont être lancés, dès cet été, par Uniporc chez deux abatteurs, en Mayenne et dans le Finistère. Le président d’Uniporc Ouest lui-même n’est pas très optimiste. « Être prêts dès le 1er janvier… Je n’y crois pas trop », a déclaré Paul Auffray, dans les colonnes de Ouest France le 1er juillet. Ça ne va pas se faire comme ça : l’année 2022 ne sera sûrement pas de trop pour discuter, négocier, trouver un consensus entre la filière et les abatteurs. »

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Lors de l’assemblée, Guillaume Roué, président sortant de l’interprofession – dont le successeur devrait être connu début septembre – a d’ailleurs ironisé sur la complexité du dossier. « Je souhaite bien du plaisir aux groupements pour choisir les élevages concernés » par la castration, a-t-il lancé. En effet, dans les zones de l’Ouest, où la castration cohabitera avec la non-castration – à hauteur de 50 %, selon le président d’Inaporc –, une sélection devra, de fait, s’opérer. Une chose est sûre, selon Guillaume Roué, ce dossier « va changer le paysage porcin français », le poussant probablement vers davantage de contractualisation, car les orientations prises engagent à la fois « l’éleveur et son client ».

Un dossier qui va « changer le paysage porcin français »