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CatAgri : les réactions de l’AGPB (céréaliers) et de la FNPF (arboriculteurs)

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AGPB : « Cette proposition ne nous convient pas »

« Cette proposition ne nous convient pas » a réagi, le 8 juillet, le président de l’AGPB (blé, FNSEA) Eric Thirouin. Il estime que le seuil de déclenchement à 50 % est trop élevé car « en grandes cultures, un sinistre à hauteur de 50 % ça n’arrive quasiment jamais ». Ce qui veut dire que les céréaliers cotiseraient à un système dont ils ne verraient pas ou peu les fruits. Le président de l’AGPB redoute aussi une ponction massive dans le premier pilier de la Pac, soit autant d’argent en moins versé aux céréaliers au titre des aides directes (DPB notamment). « Avoir moins d’aides pour avoir une moins bonne couverture, je ne vois pas où est l’intérêt », résume-t-il. « Aujourd’hui ce qui nous semble important c’est qu’on ne soit pas à un seuil de franchise à 25 % mais à 20 % (ndlr tel que le permet le règlement européen Omnibus) et qu’on ne rentre pas dans un système obligatoire mais plutôt avec un encouragement. Si on améliore le système, peut-être qu’il y aura une ponction un petit peu plus importante qu’il faudra accepter du premier pilier, mais en tout état de cause il est hors de question qu’on atteigne les milliards tel que c’est présenté là », assène Eric Thirouin. « Et je pense que ce qui est capital, c’est que l’Etat et donc le gouvernement acceptent aussi, comme d’autres pays européens, de participer plus fortement à cet enjeu qui est de gommer les aléas climatiques ».

FNPF : « Il faut commencer par quelque chose »

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Pour la FNPF (fruits, FNSEA), la CatAgri « est une bonne idée parce qu’il faut commencer par quelque chose » selon le chargé de dossier gestion des risques François Soubeyrand. « Le côté positif c’est l’attrait de la formule pour le plus grand nombre. Ça c’est très important car aujourd’hui on a du mal à amorcer, les contrats sont vraiment trop chers », explique-t-il. Mais il estime que le contrat proposé est « incomplet ». « Il faut qu’on ait la possibilité, en étant aidé bien entendu, de descendre la franchise au moins à 30 % […] et qu’on ne se retrouve pas avec des cotisations à l’identique [de la MRC] » insiste François Soubeyrand. Quant au financement du dispositif, « il ne faut pas déshabiller Pierre pour habiller Paul » ajoute-t-il. Pour la FNPF, la solution première n’est donc pas de ponctionner dans le premier pilier de la Pac mais de trouver de nouveaux financements tout en récupérant l’argent du fonds des calamités rénové ainsi qu’une contribution de la profession. « On doit intégrer à nos coûts de revient, donc à nos prix de vente, le risque inhérent au climat » explique François Soubeyrand tout en reconnaissant qu’il y a « un long chemin à faire » auprès des consommateurs, des politiques, desréseaux de distribution et même d’une partie de la profession. « Si on ne peut pas le faire évoluer, il faut que ce soit le contribuable qui prenne parce que nous ne sommes pas responsables de l’évolution climatique qui est très, très rapide ».

AGPB « Il est hors de question qu’on atteigne les milliards tel que c’est présenté »