Dans un entretien accordé à Agra Presse en septembre, la secrétaire d’État à la Biodiversité Bérangère Abba a indiqué son intention de « mettre un coup d’arrêt à la croissance des dégâts » de gibier grâce à des mesures encore en cours de discussion qu’elle pourrait dévoiler prochainement.
Impatiente, la FNSEA attend de son côté « des moyens pour abaisser les populations », insiste Florent Leprêtre, représentant syndical au sein de la Commission nationale de l’indemnisation des dégâts de gibier. Car, comme il le rappelle, les discussions ont été renouées entre chasseurs et agriculteurs il y a près de dix-huit mois autour du ministère de la Transition, pour s’interrompre au printemps dernier.
« C’est la première fois qu’un gouvernement reconnaîtrait officiellement qu’il faut abaisser les populations », souligne Florent Leprêtre. Pour y arriver, avec un objectif de réduire les effectifs d’au moins 30 %, la FNSEA souhaiterait notamment « rendre possible le prélèvement toute l’année, supprimer les critères de sélection appliqués dans certaines régions, et autoriser le piégeage ainsi que la chasse dans les parcelles en cours de récolte », liste Florent Lepretre.
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Les chasseurs, de leur côté, se disent « surpris » de ce nouveau calendrier évoqué par la secrétaire d’État. « Je ne sais pas ce que compte annoncer Bérangère Abba, ce qui illustre bien nos relations avec le ministère de la Transition », grince Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC). Et d’ironiser : « Aujourd’hui, mon ministre de la chasse se trouve plutôt à l’Élysée ».
La priorité, côté chasseurs, demeure la prise en compte des zones non-chassables, avec la baisse correspondante des indemnisations de dégâts. « Nous ne pouvons plus assumer financièrement de payer l’intégralité des dégâts agricoles pour tout le territoire, alors qu’il y a des zones où nous ne pouvons pas mettre les pieds », martèle Willy Schraen.
Alors que l’agrainage demeure un dossier délicat, chasseurs et agriculteurs tomberaient en revanche d’accord pour faciliter la chasse de nuit dans les parcelles agricoles, « en faisant attention à l’aspect sécurité », précise Florent Leprêtre.