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Ce que demandent les professionnels

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FNSEA : pour une mobilisation de toute la société

Le « plan vert » anti-sécheresse demandé par la FNSEA aux pouvoirs publics ne doit pas être qu’un plan agricole. Ce sont tous les moyens d’intervention des pouvoirs publics et de la société qui doivent être mobilisés, indique-t-on au sein de la fédération. A ce titre, elle estime que la réponse du ministre de l’Agriculture au problème de la sécheresse reste trop cantonnée aux moyens d’intervention agricole. Sur le plan local, la remontée des informations et la mise en œuvre de moyens devraient être le fait des préfets et non des DDA. Seuls les premiers ont la capacité de mobiliser les pompiers, les chemins de fer, d’obtenir une participation de l’armée également, comme en 2003. Sur le plan national, une cellule de pilotage devrait réunir, pour les mêmes raisons, les services du ministère de l’économie, celui de l’agriculture mais aussi ceux de l’écologie, des transports, de l’intérieur et de l’armée. C’est également en direction du grand public qu’une cartographie du type Plan Blanc devrait pouvoir être diffusée sur les médias grands publics. Trois séries de critères y seraient présentés : 1. Sur l’eau, des seuils de réserve quant aux nappes phréatiques et aux cours d’eau ; 2. sur l’air, les seuils d’alerte concerneraient les températures extérieures ; 3. sur la terre, les critères retenus porteraient sur l’état des productions agricoles. Ces trois séries de critères permettraient de mettre en œuvre des mesures d’urgence en cas de besoin. Quoi qu’il arrive, la FNSEA demande que la Commission nationale des calamités agricoles soit réunie au mois toutes les semaines pour être prête à intervenir.

Coordination rurale : « acheminer le fourrage vers les zones en déficit »

Pour la Coordination rurale, « il est urgent de tout mettre en œuvre pour que le fourrage produit par chaque hectare de jachère dans les départements épargnés par le dessèchement soit utilisé et acheminé vers les zones où les éleveurs sont en rupture d’alimentation ». C’est aux chambres d’agriculture qu’il revient de mettre en place les dispositifs d’acheminement des fourrages avec l’aide logistique et financière de l’Etat. La Coordination rurale a demandé le 25 juillet au ministre de l’Agriculture « de réunir d’urgence les syndicats agricoles pour examiner les dispositions à prendre, afin d’éviter les faillites en cascade et de préserver l’avenir de notre agriculture ».

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Modef : « mettre en place un plan, en urgence »

La sécheresse et la canicule qui sévissent sur la France actuellement vont avoir des conséquences extrêmement graves pour la trésorerie des exploitants familiaux, indique le Modef dans un communiqué. « La solidarité entre départements doit jouer pleinement », précisant que « les agriculteurs du département du Cher, à l’initiative du Modef organisent, vendredi 28 juillet l’acheminement de paille vers le département de la Corrèze ». Le syndicat demande d’urgence au ministère de l’agriculture un « plan d’efficacité », notamment des aides au transport de paille et de foin. Le Modef demande : une aide à la trésorerie à hauteur des pertes subies, une prise en charge des cotisations sociales, et un report en fin d’échéancier sans intérêts des prêts agricoles.

UFC-Que-Choisir : haro sur l’irrigation

Pour l’association de défense des consommateurs, l’UFC-Que-Choisir, « ce retour continuel de la pénurie d’eau en été s’explique par un facteur essentiel : la France détient le record mondial de progression de l’irrigation depuis le début des années 1980 ». S’appuyant sur un bilan comparatif de l’OCDE, l’UFC indique qu’entre 1980 et 2001, les superficies irriguées ont augmenté de 89,7% en France contre 29,9% pour la moyenne mondiale et 28,5% pour la moyenne de l’Union Européenne à 15. L’association admet néanmoins que ce bilan mondial, qui s’arrête en 2001, n’inclut pas la diminution des surfaces irriguées françaises en 2005, qui n’est pas encore validée par un organisme statistique officiel. L’UFC-Que Choisir en appelle aux parlementaires pour amender en septembre le projet de loi sur l’eau « pour que la France ne soit plus le mauvais élève de la planète en matière de maîtrise de la consommation agricole de l’eau ».