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Pac 2014-2020 Ce que sera la redistribution des aides

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Dans une récente communication adressée à l’Académie d’agriculture, Vincent Chatellier, ingénieur de recherche à l’Inra, montre quels sont les impacts redistributifs de la future Pac. Moyennent quelques hypothèses non encore entrées dans les faits (la répartition des aides couplées notamment), le chercheur montre quelles sont les régions et secteurs perdants ou gagnants.

Selon une analyse des conséquences de la future Pac sur les aides directes, l’Ile-de-France, dont une partie des agriculteurs ont manifesté le 21 novembre, verrait le montant de ses aides à l’ha baisser de 64 euros. Cette étude, conduite par Vincent Chatellier, ingénieur de recherche à l’Inra, évalue à 51 euros/ha la réduction des aides pour les grandes cultures soit 9 % du revenu moyen 2011. Cette baisse devrait être lissée sur 4 années, précise le chercheur et donc représenter seulement 4 % des aides en première année soit 2 à 3 % du revenu. Sur le plan régional, la Picardie (-80 euros/ha) serait la principale région subissant un impact négatif de la réforme de la Pac, suivie par l’Ile-de-France (-64 euros/ha), le Nord-Pas-de-Calais (-59 euros/ha), la Champagne-Ardenne (-51 euros/ha) et la Haute-Normandie (-51 euros/ha). Quatre de ces régions se situent en tête des revenus moyens 2012 selon les données publiées en juillet sur les comptes de l’agriculture, le résultat courant moyen avant impôts en Ile-de-France étant évalué à 97 800 euros selon ces données du ministère de l’agriculture. Les principales régions gagnantes seraient le Limousin (+88 euros/ha), la Franche-Comté (+64 euros/ha), la Corse (+62 euros/ha), et la région Rhône-Alpes (+55 euros/ha). Un impact significatif pour des régions plutôt en queue de liste en ce qui concerne les revenus 2012 (15500 euros en moyenne pour le Limousin selon les comptes provisoires de juillet 2013). Première région agricole, la Bretagne verrait ses aides directes baisser de 18 euros/ha. En revanche, la Normandie bénéficierait d’une hausse de ses DPU de 10 euros/ha.
 
Les bovins intensifs à la peine
Par secteur, les principales exploitations bénéficiaires seront, sans surprise, les exploitations de bovins allaitants extensifs. En revanche, les exploitations de jeunes bovins très spécialisés « devraient être fortement pénalisées ». Pour la production laitière, l’impact est positif en montagne mais négatif en plaine. « Les exploitations laitières de plaine très spécialisées, avec une forte proportion de maïs ensilage dans leur assolement, sont légèrement pénalisées » écrit Vincent Chatellier. Celui-ci précise que cet impact, en plaine, aurait été « encore plus négatif si le paiement redistributif sur les 52 premiers ha n’avait pas été adopté ».
La distinction plaine-montagne est très forte également pour les exploitations d’ovins-caprins.
 
Réduction générale pour les grandes cultures
La situation est moins contrastée pour les exploitations de grandes cultures. Dans ces cas, la réduction des aides du 1er pilier est générale : de 27 euros par ha pour les moins de 100 ha à 68 euros pour les exploitations de plus de 250 ha. La réduction moyenne se situe à -51 euros/ha la soit 9 % du revenu moyen 2011. Cette baisse devrait être lissée sur 4 années, précise le chercheur et donc représenter seulement 4 % des aides en première année soit 2 à 3 % du revenu. Vincent Chatellier note que cette réduction est assez proche de celle qui avait suivi l’opération du Bilan de Santé de la Pac du temps du ministre Michel Barnier sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Ce qui n’est sans doute pas pour consoler les céréaliers.

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