Token, fonds coopératifs, crowdfunding… une étude commandée par le ministère de l’Agriculture évalue les nouveaux outils de financement de l’agriculture. Seul l’univers des blockchains ne convainc pas encore les auteurs – trop immature.
Dans un rapport livré cet hiver au ministère de l’Agriculture, des cabinets d’étude établissent une liste des nouveaux outils de financement pour l’agriculture, et évaluent leur intérêt, afin d’établir des priorités dans les politiques publics. Les auteurs expliquent en préambule que tous les outils évoqués sont « complémentaires » et apportent « un élément de réponse ».
Toutefois une des technologies ne leur paraît clairement pas assez mature pour la France. Il s’agit des jetons numériques (token), pour lesquels ils estiment que le « recul » n’est pas encore suffisant pour qu’ils soient diffusés largement. Leur fonctionnement est « assez complexe à appréhender et l’adhésion prendra du temps comme le montre le peu d’informations disponibles sur les tentatives de Turbo Cereal depuis 2019 » – principal diffuseur de cet outil au sein de la ferme France. Cet outil trouvera « plus de potentiel de développement dans des pays faiblement bancarisés », estiment les cabinets d’étude.
Pousser les fonds coopératifs
Les auteurs proposent trois priorités pour les politiques publiques de développement de ces outils : pour « diversifier le chiffre d’affaires », ils plaident pour un financement des paiements pour services environnementaux (PSE) via la Pac ; pour « renforcer les fonds propres », ils privilégient de renforcer le soutien en garantie de la BPI aux « fonds coopératifs d’investissement » ; il s’agit de fonds de prêts créés par certaines coopératives agricoles (ex. Triskalia, Terrena), qui permettent notamment le portage minoritaire et temporaire de capital de l’exploitation.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Enfin, pour « le renforcement de la dette », trois pistes sont mises sur la table : harmoniser les critères des crédits à impact – comme ceux lancés par le groupe BPCE en 2022 dans le secteur agricole ; renforcer par « de la garantie et de l’abondement » les outils de fonds de dette ; et enfin inciter fiscalement « le fléchage de l’épargne citoyenne » vers le crowdfunding du secteur agricole. Malgré l’important écho dont il a bénéficié dans les médias, les auteurs rappellent que cet outil, né après des décrets d’assouplissement du monopole bancaire en 2014, est encore « peu présent dans le monde agricole », bien que « sa part croît »
Enfin, des outils comme le crédit-bail, le crédit-cheptel ou le financement par les stocks ne nécessitent pas de soutien particulier, selon les auteurs. D’après des données extraites du Rica (réseau comptable agricole) pour Agra Presse en 2020, au moins 17 % du matériel agricole français étaient acquis en crédit bail, contre 13 % en 2013.