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Actualité Ce qui s’est passé au mois d’août…

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Agra Presse reprend ci-dessous les principaux événements et informations de nature agricole qui se sont déroulés au mois d'août. Plusieurs événements (hausse des prix des grandes cultures, accord sur le lait, inquiétudes en élevage…) sont par ailleurs traités dans les rubriques habituelles.

EXPLOITATIONS

46 départements concernés par des restrictions d'usage de l'eau
46 départements sont actuellement touchés par des mesures de restriction d'usage de l'eau. Selon les services du ministère de l’Environnement, d’autres départements devraient venir gonfler la liste compte tenu des prévisions météorologiques. Mais cette sécheresse n’a rien d’exceptionnelle, elle est bien moins importante que celles de 2003 ou de 2006. Par contre, elle est atypique par sa géographie. Le nombre de départements concernés par des arrêtés préfectoraux de restriction d’usage est pratiquement identique à celui de 2009 à la même période, mais cette année les régions les plus touchées se situent au Nord et sur la façade Ouest de la France alors que l’année dernière c’est plutôt le Sud-Est qui avait été touché.

Les rurbains font monter les revenus moyens des ménages à la campagne (Insee)
Entre 2002 et 2007, les revenus des ménages français ont augmenté en moyenne plus vite dans les campagnes que dans l’espace urbain, révèle le 5 août une étude de l’Institut national de la Statistique. En effet, des ménages actifs plus aisés que les résidents ruraux ont quitté les grandes agglomérations pour s’installer dans les zones rurales où la pression foncière est moins forte. « C’est dans les petites communes de l’espace rural que les revenus augmentent le plus vite », précise l’Insee. Toutefois, dans quelques communes rurales isolées comme le centre de la Bretagne ou des zones reculées de montagne, les revenus restent bas. Globalement, en 2007, le revenu médian des ménages en zone rurale restait cependant bien inférieur à celui des ménages urbains : 15 614 euros contre 18 009 euros.

Intempéries : 43,6 millions de pertes agricoles suite aux inondations de juin dans le Var
Les pertes de fonds non assurables et les récoltes perdues lors des pluies torrentielles qui ont frappé le Var, les 15 et 16 juin dernier, ont été évaluées à plus de 50 millions d’euros par les services de la préfecture du Var. Les fonds non assurables sont estimés à 7 millions d’euros et les récoltes perdues à 43,6 millions d’euros ont appris mercredi 10 août les professionnels lors d’une réunion à la préfecture du département. Plus de 370 entreprises agricoles seraient concernées par la procédure de calamités agricoles. Une réunion du Comité national de l’assurance agricole (CNAA) sur cette question se tiendra le 7 septembre à Paris. Les agriculteurs sinistrés bénéficient d’ores et déjà du Fonds d’allégement des charges pour un montant total d’un million d’euros, de l’annulation des cotisations sociales de la MSA ainsi que des exonérations fiscales sur le foncier bâti et non bâti.

NON ALIMENTAIRE

Exportations de Biodiesel : Bruxelles ouvre une enquête contre les États-Unis
La Commission européenne a ouvert une enquête contre les Etats-Unis, soupçonnés de contourner des taxes antidumping sur leurs exportations de biodiesel vers l’UE en les faisant transiter par le Canada ou Singapour. « Il existe des éléments de preuve suffisants pour justifier l’ouverture d’une enquête », indique Bruxelles dans un avis publié le 12 août au journal officiel européen. Les taxes antidumping européennes sur le biodiesel américain (de 230 et 409 euros la tonne et pour une durée de cinq ans) ont été instaurées depuis 2009 pour contrebalancer les subventions sous forme de crédits d’impôts et d’aides directes dont bénéficient les producteurs outre Atlantique. L’enquête qui fait suite à une plainte déposée par l’EBB (European biodiesel board) devrait livrer ses conclusions d’ici neuf mois.

SPIRITUEUX

Cognac : les expéditions ont repris (+10,7%) en 2009/2010
Les expéditions de cognac ont progressé de 10,7% en 2009/2010 par rapport à la campagne précédente (arrêtée au 31 juillet) pour atteindre un volume de 405 599 hl d’alcool pur, indique un communiqué du 13 août du Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC). Cette augmentation s’explique par la reprise des exportations. En effet, les ventes sur le marché français qui baissent de 1,7% sont largement compensées par la hausse des volumes sur le marché à l’export qui progresse de 11,2%. Ce rebond touche les deux principaux marchés que sont l’Amérique du Nord (+10,2%) et l’Extrême-Orient (+23,8%).

PRODUCTIONS ANIMALES

Gruyère : les producteurs français renoncent à l’AOC au profit de la Suisse
Le gruyère suisse a obtenu l’exclusivité sur l’appellation d’origine contrôlée (AOC) après la décision de l’interprofession française de renoncer à obtenir le même label auprès de Bruxelles. Les producteurs français devront se contenter d’une Indication géographique protégée (IGP) qui leur permet quand même de continuer à utiliser la dénomination « Gruyère ». Les deux fromages avaient reçu une AOC dans leur pays respectif, en 2001 pour le suisse et en 2007 pour le français qui se caractérise par des trous. La Suisse produit 28 000 tonnes de gruyère par an (dont environ la moitié est exportée) quand la France en fabrique 2 000 tonnes. La Suisse et Bruxelles ont par ailleurs trouvé un accord de reconnaissance réciproque sur les AOC de 22 produits alimentaires suisses (dont une majorité de fromages) et 800 européens.

Éleveurs de bovins : la Coordination rurale tire la sonnette d’alarme
Dans un communiqué du 9 août, la Coordination rurale tire la sonnette d’alarme sur la situation des éleveurs de bovins. « La sécheresse qui sévit dans de nombreux départements, le très probable manque de fourrage cet hiver, sans compter la hausse du prix des aliments, ne font qu’accroître notre désarroi »,affirme la CR. Le syndicat dénonce notamment le système de cotation appliqué au marché de Cholet : « Ce dernier qui doit servir de référence de prix aux groupements et coopératives est totalement déconnecté de la réalité ». La CR demande donc que soit établi un prix de revient moyen par catégorie. « Il est scandaleux que nous soyons la seule profession qui n’ait pas le droit d’établir son prix de vente et sa rémunération en fonction des coûts de production », conclut le communiqué.

GRANDES CULTURES

Sécheresse : la Russie revoit de nouveau à la baisse ses prévisions de récolte de céréales
La Russie a de nouveau revu à la baisse ses prévisions de récolte de céréales de 10 millions de tonnes, mardi 3 août, à cause de la sécheresse qui frappe le pays depuis plusieurs semaines. « Je pense que nous aurons une récolte de céréales de 70-75 millions de tonnes », a déclaré le vice-ministre de l’Agriculture russe, Alexandre Beliaev. Les estimations de récolte avaient déjà été révisées à la baisse fin juillet à 85 millions de tonnes contre 95 millions jusqu’alors. En 2009, la récolte russe de céréales s’était établie à 97 millions de tonnes. Mais la Russie – troisième exportateur mondial de céréales – assure qu’il est prévu de maintenir ses exportations de céréales à leur niveau de l’année dernière, soit 21,4 millions de tonnes. Ces annonces devraient venir encore renforcer l’envolée des prix du blé sur les marchés financiers. Le cours du boisseau de blé meunier a atteint 7,07 dollars mardi 3 juillet à la bourse de Chicago, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis septembre 2008.

Blé : la Coordination rurale appelle à un marché européen organisé pour limiter la volatilité
Dans un communiqué du 3 août, la Coordination rurale estime que les agriculteurs ne profitent que marginalement de la hausse de prix du blé, « tant la valeur ajoutée a été confisquée par les autres opérateurs de la filière ». Pour la CR, l’envolée actuelle des cours du blé sur les marchés financiers n’est pas inquiétante en soi, c’est l’instabilité chronique des marchés de céréales qui est un problème. Le syndicat estime que cette volatilité est le « reflet d’un système absurde, imposé par l’OMC et par des opérateurs qui tirent parti de prix bas pour conquérir des marchés à l’export », et appelle donc à lutter pour un marché européen organisé et adapté aux besoins, sous le contrôle d’une politique agricole souveraine.

Maïs : allégement des contraintes de lutte contre la chrysomèle dans les régions Alsace et Rhône-Alpes
L’AGPM (Association générale des producteurs de maïs), et les FRSEA d’Alsace et de Rhône-Alpes se félicitent dans un communiqué du 3 août de la nouvelle stratégie de lutte contre la chrysomèle qui vient d’être mise en place. Un accord a été trouvé entre le ministère de l’Agriculture et les organisations professionnelles visant à passer d’une stratégie d’éradication à une stratégie de confinement de l’insecte dans les régions Rhône-Alpes et Alsace (hors Alsace « Bossue »). L’éradication demeurant la règle dans les autres régions. Cette stratégie de confinement va consister à pratiquer une rotation une année sur 6 sans culture de maïs afin de « casser » le cycle de l’insecte et à appliquer un traitement larvicide à partir de la 3e année successive de culture de maïs sur une même parcelle. Au-delà d’un seuil de captures jugé significatif (à ce jour 30 insectes sur un piège), une rotation triennale sera mise en œuvre dans un rayon d’1 km autour du piège afin de limiter le développement de l’insecte.

UE : légère hausse du rendement de céréales en 2010
La production céréalière de l’UE en 2010 devrait être proche de la moyenne des cinq dernières années, indique la Commission européenne dans un communiqué du 4 août. Les prévisions de rendements s’établissent à 5,1 tonnes à l’hectare en moyenne soit une hausse de 0,7 % par rapport à 2009 et de 5 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Mais Bruxelles estime que la surface totale cultivée en céréales dans l’UE a diminué de 3 % par rapport à 2009. En blé tendre, la moyenne de rendement à l’hectare devrait atteindre 5,62 t (-1,3 % par rapport à 2009). En France et en Allemagne, principaux producteurs de l’UE, les prévisions indiquent des rendements nettement inférieurs à l’année dernière compte tenu de la sécheresse observée. En blé dur et en orge, les rendements s’établiraient respectivement à 3 t/ha (-0,9 %) et 4,42 t/ha (-0,5 %). Enfin, les rendements européens de maïs-grain devraient s’élever à 7,22 t/ha (+5,3%).

Malteurop rachète l’italien Diamalteria, spécialisé dans la production d’extraits de malt
Malteurop, premier fournisseur mondial en malt de l’industrie de la bière, a annoncé, mardi 3 août, l’acquisition de la société italienne Diamalteria, spécialisée dans la production d’extraits et de farines de malt à destination des marchés alimentaires. La filiale du groupe Siclaé (propriété des coopératives Champagne Céréales, Nouricia, EMC2, Champagne Coligny et Coopérative Agricole Sézanne) souhaite par cette opération « diversifier son activité, et s’investir durablement sur le marché très dynamique des ingrédients alimentaires à base de malt ».

Céréales : la récolte française 2010 en baisse de 7,4 % à 65 millions de tonnes
Le Service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agriculture estime, dans une note de conjoncture du 5 août, que la récolte de céréales devrait atteindre 65 millions de tonnes en 2010, soit 5,2 millions de tonnes de moins que l’année dernière (-7,4 %). Les premières estimations de production du maïs-grain font état d’une récolte de 13,5 millions de tonnes, en diminution de 12 % par rapport à 2009, et de 6 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les prévisions de récolte des céréales à paille sont, elles, sensiblement les mêmes que le mois dernier. La production de blé tendre s’élèverait ainsi à 35,2 millions de tonnes, en retrait de 3 % par rapport à la bonne récolte 2009. La récolte de l’orge atteindrait 10,2 millions de tonnes et perdrait 2,7 millions de tonnes par rapport à la production record de 2009 (-21 %). Avec 4,5 millions de tonnes, la production de colza serait également à la baisse (-19 %). Enfin, la production de protéagineux devrait bondir de 78 %, pour atteindre 1,8 million de tonnes, grâce à une hausse des surfaces de 90 %.

Blé : la Russie décide d’appliquer un embargo sur ses exportations
Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a annoncé, jeudi 5 août, que son pays allait appliquer un embargo temporaire du 15 août au 31 décembre sur les exportations de blé et de produits dérivés à cause de la sécheresse qui frappe le pays. La Russie, troisième exportateur mondial de blé, est touchée depuis début juillet par une canicule sans précédent notamment dans l’ouest du pays. « Il faut empêcher l’inflation des prix intérieurs et également sauver les têtes de bétails », a justifié Vladimir Poutine qui a annoncé une aide de 35 milliards de roubles (890 000 euros) destinée aux producteurs de céréales. En conséquence, les prix mondiaux du blé devraient continuer de grimper. Mercredi 5 août, sur le marché à terme de Chicago, le cours du boisseau de blé meunier a atteint 7,29 dollars, soit une hausse de 50 % depuis la fin du mois de juin.

Grandes cultures : une récolte en baisse mais de bonne qualité (FranceAgriMer, Arvalis)
La récolte de céréales, oléagineux et protéagineux devrait être en retrait cette année, indiquent FranceAgriMer et Arvalis dans leur premier bilan de campagne 2009/2010 publié le 10 août. Si les rendements moyens sont en recul pour la plupart des cultures (avec de fortes hétérogénéités), la qualité semble être au rendez-vous. En blé tendre, la production devrait être légèrement supérieure à 35 Mt contre 36,2 Mt l’an dernier. Le rendement moyen national, évalué à 71 q/ha, serait proche de la moyenne quinquennale (71,2 q/ha), mais avec une forte hétérogénéité (de 40 et à 90 q/ha). En termes de qualité, 2010 s’annonce être un bon cru (teneurs en protéines supérieures à 11 % en moyenne). En blé dur, avec un rendement moyen de 49 q/ha, la production estimée à 2,5 Mt est en hausse par rapport à 2009 (2,1 Mt). Comme en blé tendre, les rendements sont fortement hétérogènes (20 à 70 q/ha). Toutes orges confondues, la production est évaluée à 10,4 Mt (contre 12,8 Mt récoltés l’an passé) dont 7,7 Mt d’orges d’hiver et 2,7 Mt d’orges de printemps. Enfin, la production de colza est estimée de 4,6 Mt en baisse de 1Mt. Les rendements sont en retrait par rapport au record de 2009 et des écarts importants sont observés dans les régions (en Poitou-Charentes notamment, où le rendement moyen atteint à peine 25 q/ha).

Blé : les prévisions de récolte mondiale revues de 15 Mt à la baisse (USDA)
Le département américain de l’Agriculture (USDA) a révisé à la baisse, jeudi 12 août, ses prévisions de récolte mondiale de blé et de maïs pour la campagne 2010/2011. La production de blé devrait ainsi atteindre 645,73 millions de tonnes contre 661,07 Mt au mois de juillet soit un recul de 15,34 Mt. Cette révision est principalement due à une baisse des récoltes en Europe (UE et surtout Europe de l’Est) qui subissent des conditions climatiques défavorables. La production de blé de l’UE est ainsi rabaissée de 4,3 Mt à 137,51 Mt, celle de la Russie de 8 Mt à 45 Mt. Les récoltes de l’Ukraine et du Kazakhstan perdent respectivement 3 Mt (à 17 Mt) et 2,5 Mt (à 11,5 Mt). La production aux Etats-Unis est relevée de 1,3 Mt à 61,64 Mt et celle de l’Australie de 1 Mt à 23 Mt. La production mondiale de maïs est, quant à elle, estimée à 831,59 Mt contre 832,38 Mt en juillet. La hausse de la production aux Etats-Unis (+3 Mt à 339,5 Mt) compense en grande partie le recul prévu dans l’Union européenne (-1 Mt à 55,95 Mt) et dans les pays de l’ex-URSS (-3 Mt à 18,37 Mt) affectés par la sécheresse. Enfin, la production de soja a été relevée de 2,4 Mt à 93,44 Mt.

Céréales : l’Ukraine aussi va réduire ses exportations à cause de la sécheresse
Après la Russie, c’est l’Ukraine qui a décidé mardi 17 août de réduire ses exportations de céréales à 3,5 millions de tonnes en 2010 pour faire face à la sécheresse qui frappe le pays. En effet, selon les estimations, la récolte de céréales de l’ex-république soviétique pourrait baisser à 42,5 Mt contre 46 Mt en 2009. « Nous proposons de permettre (d’exporter) 2,5 Mt d’ici à la fin de l’année » auxquelles s’ajoute 1 Mt se trouvant déjà dans les ports ukrainiens, a précisé le ministre de la Politique agraire Mykola Pryssiajniouk. Le gouvernement ukrainien veut limiter les exportations d’orge à 1 Mt et celles de blé à 1,5 Mt d’ici la fin de l’année. Le maïs, lui, n’est pas concerné par ces restrictions. Cette mesure devrait entrer en vigueur le 1er septembre. Depuis le 1er juillet l’Ukraine a déjà exporté 2,69 Mt de céréales. Premier fournisseur mondial d’orge et sixième de blé, l’Ukraine a exporté sur la campagne 2009/2010, 21,5 Mt de céréales dont 9,1 Mt de blé, 6,2 Mt d’orge et 5,3 Mt de maïs.

FRUITS ET LEGUMES

Pomme de terre : la récolte devrait enregistrer une forte baisse
Après deux années difficiles et excédentaires en volume, la production de pomme de terre s’annonce en forte baisse en France comme dans les principaux pays européens, indique l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) dans un communiqué du 3 août. Selon les estimations réalisées par l’UNPT et l’interprofession de la pomme de terre (CNIPT), le rendement moyen devrait s’établir à 27 tonnes par hectares, soit une baisse de rendement brut de 22 % par rapport à la moyenne des dix dernières années. Sauf retour de conditions climatiques normales et suffisamment pluvieuses, la récolte 2010 devrait être déficitaire, particulièrement en gros calibres. « De nombreux producteurs auront probablement des difficultés à honorer leurs contrats », l’UNPT demande donc que dans un certain nombre de cas, les contrats soient adaptés compte tenu des conditions climatiques exceptionnelles.

Fruits et légumes : Paris tente de faire effacer une partie des aides « incompatibles »
La France tente de faire effacer une partie des 338 millions d’euros d’aides « incompatibles » accordées aux producteurs de fruits et légumes entre 1992 et 2002 qu’elle a été sommée par Bruxelles de rembourser il y a un an. Avec les pénalités et la part des organisations professionnelles, l’ardoise se monte à 500 millions d’euros. Les autorités françaises ont adressé début juillet un rapport dans lequel « elles nous décrivent les difficultés rencontrées pour recouvrer les aides accordées », entre 1992 à 1997 surtout, a expliqué le 4 août Roger Waite, porte-parole du commissaire à l’Agriculture. « Les discussions sont en cours, et nous ne pouvons pas confirmer que les montants ont été réduits », a ajouté Roger Waite. Les producteurs refusent de payer, arguant qu’ils ignoraient l’illégalité des financements. Les autorités françaises se sont mises en infraction et il leur appartient d’assumer leurs responsabilités, souligne la Commission.

Ventes au déballage : hausse de 15 % des ventes de pêches, nectarines et abricots
Les ventes au déballage de pêches, nectarines et abricots qui avaient commencé le 31 juillet, se sont terminées le dimanche 8 août. Bilan : ces ventes associées à la baisse de production observée actuellement ont permis de réduire les stocks. Selon la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), l’opération a permis une augmentation 15 % des ventes environ. « Ces quelques jours ont permis aux producteurs de se retrouver à l’équilibre alors qu’à la mi-juillet, nous étions en recul de 15 % des ventes », précise Pierre Giovanelli, président de l’AOP pêches et nectarines de France. Dans une note de conjoncture du 6 août, le Service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture estime que la production en pêches, nectarines, brugnons et pavies reculerait de 8 % par rapport à 2009 et de 10 % par rapport aux cinq dernières années. La production d’abricots serait quant à elle en recul de 34 % par rapport à l’an dernier et de 19 % en comparaison avec la moyenne quinquennale.

Fruits et légumes : application de l’accord de modération des marges au melon charentais en crise
La Fédération nationale du commerce et de la distribution annonce dans un communiqué du 19 août qu’elle va mettre en œuvre l’accord de modération de marge pour le melon charentais jaune. Avec une offre très supérieure à la demande, ce fruit est en crise, s’inquiète l’Association interprofessionnelle melon (AIM). En effet, les melons arrivent massivement sur le marché suite au retard des cultures plantées fin juin (6 500 à 7 000 tonnes par jour) et la consommation ne suit pas (5 000 tonnes par jour). Les enseignes s’engagent donc à appliquer, sur la vente des melons, pendant la période de crise, un niveau de marge inférieur ou égal au niveau de marge moyen du rayon fruits et légumes. La filière a été déclarée le 17 août en crise par les services du ministère de l’Agriculture. Les producteurs devraient donc pouvoir demander une aide pour les promotions. La mise en place de ventes au déballage serait théoriquement possible, mais pour l’instant ils ne le souhaitent pas.

Fruits et légumes : le Modef organise sa vente directe annuelle à Paris
Comme tous les ans, le Modef est allé à la rencontre des consommateurs d’Île de France jeudi 19 août en vendant 10 tonnes de fruits et légumes place de la Bastille à Paris. Les agriculteurs ont proposé aux consommateurs, tomates, melons, nectarines, prunes, poires, salades et pommes de terre acheminés du Lot-et-Garonne, à des prix inférieurs à ceux pratiqués dans les grandes surfaces. Pour le syndicat, l’objectif est de démontrer qu’il est possible « d’avoir un prix rémunérateur pour les agriculteurs et un prix abordable pour les familles ». Dans un communiqué du 19 août, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) a contredit les prix avancés par le syndicat de producteurs, rappelant par ailleurs que les enseignes de la distribution se sont engagées à modérer leurs marges pour les fruits et légumes en crise, afin d’accompagner les producteurs.

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