La Confédération paysanne, à la suite d’une Commission lait du syndicat, a exprimé son inquiétude sur le prix du lait payé aux producteurs pour le quatrième trimestre. Alors qu’Entremont a indiqué que son mode de calcul qui doit aboutir, selon le syndicat, à une baisse du prix d’environ 50 euros/1000 litres pour le quatrième trimestre, la filière devra tenter de gérer une situation jugée inacceptable pour les producteurs. « C’est une crise qui s’amorce de plus en plus », prévient la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait).
L’automne risque d’être chaud pour la filière laitière. Déjà, cet été, un bras de fer s’était engagé entre le groupe Entremont et ses producteurs sur un désaccord sur le prix du lait dans un contexte où la DGCCRF a interdit à l’interprofession laitière d’émettre sa recommandation nationale sur la tendance trimestrielle. Cette situation risque de se reproduire alors qu’Entremont a indiqué la manière dont il comptait calculer le prix du lait pour le quatrième trimestre. Selon la Confédération paysanne, ce mode de calcul aboutirait à une baisse du prix d’environ 50 euros/1000 litres pour le quatrième trimestre.
Entonnoir
« Les producteurs de lait d’Entremont sont dans un entonnoir », regrette, pour sa part, la FNPL qui n’hésite pas à parler de « chantage » à l’encontre des producteurs. Le groupe Entremont ne laisse pas de porte de sortie à ses producteurs, souligne la FNPL. « Soit ils acceptent un prix du lait avec une baisse assez conséquente, soit ils ne sont plus collectés car Entremont menace de fermer boutique ».
« Cela risque d’exploser dans les campagnes ! », prévient Yves Leperlier, responsable de la commission lait du syndicat pour qui cette baisse du prix n’est pas acceptable au regard de la hausse des charges. La Confédération paysanne, qui « maintient le cap » de ses revendications, propose à ce sujet de « confier à l’institut de l’élevage la mission de fournir des indications sur l’évolution des charges et du prix de revient de la production laitière ».
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En tout état de cause, le syndicat se basant sur un indicateur IPAMPA (Indice des prix d’achats des moyens de production agricole) défend une hausse du prix pour le quatrième trimestre de 75 euros /1 000 litres. Par ailleurs, le syndicat rappelle aux industriels qu’ils ont toujours, envers les producteurs, « une dette de 27 euros / 1 000 l sur les livraisons du 2 e trimestre ». La Confédération paysanne qui ne participe pas au groupe de travail interministériel mis en place à la rentrée, suite à l’interdiction pour l’interprofession laitière d’émettre une tendance trimestrielle sur le prix du lait, devrait être reçue le 9 octobre par Michel Barnier.
Instance de référence
La FNPL qui, elle, participe au groupe de travail, rappelle que ce dernier a un double objet. Il s’agit d’élaborer un système pérenne, bordé juridiquement de gestion du prix du lait. Sans oublier de permettre aux acteurs de la filière de se retrouver autour d’une table pour négocier. L’idée défendue par le syndicalisme est de faire de l’interprofession, « une instance de référence au niveau de l’approche économique du secteur ». En résumé, l’interprofession devrait être « un endroit où l’on puisse dire si les indicateurs proposés dans le calcul du prix du lait sont pertinents ou pas ». Aujourd’hui, « la balle est dans le camp de l’administration », estime la FNPL. « Il y a extrême urgence » à trouver des réponses pour pouvoir aborder la question du prix du lait au quatrième trimestre.