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Bio/Stratégie Celnat, tête de pont d’Ebro dans le bio

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Entreprise familiale créée en 1979, Celnat, spécialiste de la transformation de céréales biologiques, a été rachetée au début de l'année par le géant espagnol Ebro pour 25,5 millions d'euros. La famille du fondateur est restée aux commandes de l'entreprise, qui compte s'appuyer sur son nouvel actionnaire pour monter en puissance et accroître sa production.

Celnat a été racheté au début de l’année par Alimentation Santé, une filiale de l’espagnol Ebro (2,462 Mrd€ de chiffre d'affaires en 2015), créée à l’occasion pour y loger les activités biologiques du groupe. Le géant de l’alimentaire présent dans le riz et les pâtes (marques Panzani, Lustucru et Taureau ailé notamment) a des ambitions fortes sur ce segment de marché et a trouvé avec Celnat la tête de pont idéale pour ses développements futurs. Celnat, entreprise familiale créée en 1979 par les parents de Jérôme Celle, l’actuel dirigeant, avait un actionnariat familial très éparpillé. Quand s’est posée la question de la vente de l’entreprise, Jérôme Celle aurait bien repris la majorité, « les banques auraient suivi », affirme-t-il. Mais ce dernier, avec seulement 10 % du capital entre les mains actuellement, aurait dû terriblement s'endetter. La décision a donc été prise de céder la totalité du capital à l’espagnol. « Pour la pérennité de Celnat, Ebro c’est bien », affirme Jérôme Celle qui a été confirmé dans ses fonctions et continue de diriger l’entreprise comme il le faisait depuis une quinzaine d’années. Sauf que maintenant, Celnat peut voir plus grand et s’appuyer sur les compétences marketing et commerciale d’Ebro, ainsi que la R&D basée à Marseille. « Ebro amène tout le support d’un grand groupe, c’est très positif et stimulant », souligne Jérôme Celle.

Traçabilité sur toute la ligne

Simple meunier à la base, la société s’est spécialisée dans la transformation de céréales et de légumineuses, en tout-biologique. Pour assurer une parfaite traçabilité, elle a développé un lien fort avec les agriculteurs du sud de l’Auvergne, dans la région du Puy-en-Velay. Aujourd’hui, Celnat travaille avec une centaine de producteurs bio « de tout ce qui se cultive en France, souligne Jérôme Celle, comme l’avoine, la grande spécialité du groupe, mais aussi du blé ancien (grand et petit épeautre) du seigle, de l’orge ou encore du sarrazin. Le reste est acheté à l’étranger ». Dans ces filières directes producteurs, Celnat achète également des légumineuses (lentilles vertes, lentillons haricots rouge/blanc, flageolets...) et aussi des graines (chanvre, lin…). « Nous sélectionnons les matières premières selon des critères qualités exigeants, que nous collectons avec nos camions et stockons dans nos silos. Celnat a tout intégré pour avoir une meilleure traçabilité », souligne Jérôme Celle. Une fois tous les lots stockés à l’usine, une ultime étape consiste à chercher d’éventuels résidus de pesticides. « Pour l’instant, il n’existe aucune obligation de résultats, mais il n’empêche que nous garantissons avec ces tests, l’absence de trace de résidus de pesticides », explique le responsable. Surtout, cette étape permettrait, si besoin était, de remonter jusqu’à la contamination accidentelle chez le producteur. « Les tests sont globalement toujours très rassurants », assure Jérôme Celle. Vient ensuite l’étape des contrôles et du nettoyage à secs des grains, avant le décorticage. Et compte tenu de la grande diversité des grains en production (avoine, épautre, riz, sarrasin…), Celnat dispose d’une machine par type de grain. Arrive enfin la phase de transformation pour obtenir les différentes moutures de farines.

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Ambitions de développement

Outre ses farines de céréales et légumineuses, Celnat fabrique également des mélanges précuits et déshydratés, ainsi que des flocons et des mueslis. Des flocons, dont la recette de cuisson de la graine à la vapeur (plafonnée à 100°) et donc sans pression, permet de préserver toutes les qualités nutritionnelles du produit. Et la société importe également une sélection de produits bio japonais vendus sous marques des fabricants japonais. « À l’époque où Celnat a vu le jour dans les années 70, explique Jérôme Celle, le marché de la bio s’adressait plutôt à des consommateurs végétariens. La société s’était donc fait une spécialité de vente de produits fermentés japonais réputés pour leurs apports en acides aminés et autres vitamines nécessaires au régime alimentaire sans viande. C’est notre savoir-faire, notre spécialité », raconte encore Jérôme Celle.

Autant d’atouts dans la bio et de particularités, notamment dans les protéines végétales qui ont donc grandement intéressé Ebro. L’objectif maintenant est de développer les volumes de production de Celnat, « ce qui passera par le renforcement de nos filières. A nous d’anticiper ce qu’il faut mettre en culture pour répondre aux attentes des consommateurs », indique le dirigeant. La société affiche un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros, dont 20 % à l’international. « En 2016, si nous pouvions atteindre une croissance de 7% du chiffre d’affaires, ça serait bien. Après, nous serons plus ambitieux. Nous visons une croissance à deux chiffres en 2017 ». Bien qu’elle ne donne pas ses chiffres, Celnat est bénéficiaire et sans endettement.