Face à la dégradation de la situation dans la filière alimentaire, l'Ania, Coop de France et la FNSEA, toujours en attente de la réalisation des promesses jusqu'ici restées lettre morte, ont décidé de faire front commun. Dans une lettre adressée à Manuel Valls sur les agissements de la grande distribution, les trois organisations font part de « leur plus vive inquiétude et de leur colère face aux ravages de la guerre des prix, poursuivie, entretenue et amplifiée par les enseignes de la grande distribution ». Et d'enfoncer le clou, chiffres à l'appui : « En 2013, près d'une entreprise agroalimentaire par jour a dû cesser ses activités, soit 316 fermetures de sites et une destruction de 6 425 emplois en une seule année ». Sous couvert de satisfaire les consommateurs en leur promettant des prix toujours plus bas, les enseignes contribuent à détruire des emplois. « Elles ne défendent pas le pouvoir d'achat. Elles le détruisent. 15 000 à 20 000 emplois seraient menacés en France », s'indignent l'Ania, Coop de France et la FNSEA. Et ces derniers de mettre en avant les abus et autres chantages dont sont victimes les fournisseurs de la grande distribution lors de négociations commerciales, sans autre possibilité que d'accepter des conditions désavantageuses. Difficile en effet pour une petite entreprise qui réalise 30 % de son chiffre d'affaires avec une enseigne de dire non.
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Une attitude « d'autant plus scandaleuse que (…/…) les enseignes sont un des principaux bénéficiaires du Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi (CICE) alors que certains de leurs fournisseurs (dont les coopératives agricoles) n'y ont pas accès et que les entreprises agroalimentaires ont vu disparaître les gains du CICE dans les négociations salariales », indiquent encore les 3 organisations. Non sans rappeler le poids de la filière dans l'économie française, elles demandent donc tout son soutien au Premier ministre pour mettre un terme à cette guerre des prix et attendent une réponse concrète.