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Céréales : InVivo appelle à organiser la filière d’exportation

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L’union de coopératives InVivo a invité le 22 janvier la filière d’exportation céréalière à s’organiser. Des restructurations sont en vue pour « aligner les flux ».

Un « défi collectif à relever ». Telle est la proposition lancée par le directeur général d’InVivo Thierry Blandinières lors d’un débat Agridées sur la « Filière céréalière française : construire une stratégie d’exportation ». Il s’agit d’« organiser la filière d’exportation comme un marché stratégique », d’après lui. L’offre céréalière ne tient, à ses yeux, pas assez compte de la demande à l’international. Dans une note remise aux congressistes, le think tank Agridées pointe aussi un manque d’intégration de la filière française.

Les coopératives en première ligne

InVivo invite à « reconstruire un modèle économique rentable pour tous les maillons de la filière ». « Ça passera par des restructurations », a prévenu son DG, poursuivant l’objectif d’« aligner les flux » céréaliers. Les coopératives sont en première ligne : elles représentent 75 % de la collecte. Reste à mettre les acteurs autour de la table. En tant qu’union de coopératives, InVivo semble bien placée pour cela. « On est prêt à œuvrer », a indiqué Thierry Blandinières, « sans même demander le leadership » dans le projet. Et de glisser : « Je pense qu’on aura des avancées significatives dans les semaines qui viennent. »

C’est au « millefeuille à la française » qu’InVivo s’en prend. Du champ jusqu’au bateau, les coûts d’intermédiation sont nombreux. 5 à 10 euros/tonne de blé peuvent être économisés, selon le patron du groupe. « Beaucoup plus » en ce qui concerne le colza. Une idée vise à centraliser les bureaux de trading. Autre proposition, un alignement des flux dans les silos portuaires. Cela permettrait, face à chaque appel d’offres, de rapidement mobiliser « une seule offre française » répondant à la demande « sans entrer dans des négociations entre acteurs qui freinent la compétitivité à l’export », a expliqué Thierry Blandinières.

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Vers des « flux poussés »

De nombreux silos portuaires existent sur la façade maritime, a noté le directeur général de Sénalia Gilles Kindelberger. Avec comme particularité au port de Rouen, la présence de « beaucoup d’intervenants », selon lui, « peut-être même trop ». L’idéal serait d’arriver à « un outil unique, au profit de l’ensemble de la filière », a-t-il considéré. Par ailleurs, la comparaison avec l’étranger est riche d’enseignements. Notamment le cas de Portland (États-Unis), un port de fleuve comme à Rouen, où « les flux sont tirés ». « Travailler en flux tirés, non pas poussés, permet de répondre aux besoins de l’acheteur », a-t-il insisté. La filière française a plutôt tendance à considérer l’export comme « un exutoire », lui consacrant « ce que le meunier, ou le fabricant de l’alimentation animale, ne veut pas ».

Thierry Blandinières : « Reconstruire un modèle économique rentable pour tous les maillons »