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Céréales : la CR s’oppose à l’interdiction de la vente directe

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La Coordination rurale a mené le 21 février une « action de désobéissance civique », avec la vente directe par un céréalier d’une partie de sa récolte à un éleveur. Militant depuis des années contre l’obligation de passer par un organisme stockeur, le syndicat réclame « plus de liberté » pour les agriculteurs dont les revenus sont en berne.

« Allez-y, commercez librement entre vous ! », lance au monde paysan Nicolas Jaquet, président de l’Organisation des producteurs de grains (OPG) de la CR, établissant un parallèle avec les négociations d’accords internationaux menées par Bruxelles. Le syndicat revient à la charge contre l’interdiction de la vente directe de céréales. Une « action de désobéissance civique » s’est produite le 21 février entre deux adhérents du Loiret : le céréalier Marc Hautefeuille a livré une remorque de blé à François Potteau, éleveur de bovins viande à Quiers-sur-Bézonde.

Cette pratique reste interdite, l’article L 621-16 du code rural prévoyant que la commercialisation des céréales est opérée exclusivement par l’intermédiaire de collecteurs agréés. Par dérogation, sont exclues de ce régime les ventes de faibles quantités entre agriculteurs, rappelle le bulletin officiel des douanes. L’administration tolère les cessions entre agriculteurs dans la limite de 5 quintaux pour les céréales secondaires, d’après la Coordination rurale.

Le « surcoût » lié à l’intermédiaire

« On ne peut plus se permettre de payer des intermédiaires », déclare Nicolas Jaquet, soulignant les difficultés économiques des éleveurs et de céréaliers. Et de chiffrer la marge des organismes stockeurs à 15 euros la tonne, soit près de 10 % du prix de vente. Pour un élevage porcin de 150 truies, dont les besoins sont évalués à 1 000 tonnes de céréales, cela représente un surcoût de 15 000 euros, d’après ses calculs. « Il est temps de permettre aux agriculteurs de retrouver de l’autonomie, de diminuer leurs coûts de production et de vivre de leur métier », selon un communiqué de la CR. D’autant plus, ajoute Nicolas Jaquet, que les autres États membres n’ont « pas d’interdiction de vente directe des céréales ».

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En réponse, le président de Coop de France Michel Prugue met en garde ceux qui « veulent idéaliser le système » : « On ne va pas payer de frais d’entrée/sortie du silo ; sauf que derrière il y a souvent le nettoyage du grain, le séchage, le tri, la sécurité de paiement… »

Par son soutien à la vente directe de céréales, la CR veut « montrer qu’elle favorise les débouchés locaux », poursuit Nicolas Jaquet, critique envers « les gros OS (organismes stockeurs) trop tournés sur l’export pays tiers à des prix assez faibles ». Le syndicat réfute toute tentative d’exonérer les agriculteurs des taxes collectées par l’OS. Trois chèques ont d’ailleurs été montrés à la presse le 21 février dans le Loiret, correspondant aux CVO (Contributions volontaires obligatoires) Intercéréales, Gnis et taxes FranceAgriMer dues par le céréalier Marc Hautefeuille à l’occasion de sa vente de 5,9 tonnes de blé.

« On ne peut plus se permettre de payer des intermédiaires »