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Céréales : la crainte d’« un effet de ciseaux »

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FranceAgriMer relaie l’« inquiétude » des céréaliers face au risque de retournement de marché qui s’accompagnerait d’« un effet de ciseaux ».

À l’issue de la guerre en Ukraine, « on peut se retrouver très rapidement avec des quantités de matières agricoles qui reviennent sur les marchés », provoquant « un effet de ciseaux immédiat : des prix qui s’effondrent – dans deux, six mois, un an, personne n’a la réponse – et en même temps, des prix des intrants qui restent très élevés », a alerté en conférence de presse Benoît Piètrement, président du conseil spécialisé Grandes cultures le 13 avril. Les céréaliers bénéficient d’une « envolée » de leurs prix de vente, le blé sur Euronext ayant dépassé 370 €/t sur l’échéance de septembre. Mais les intrants, notamment les engrais, coûtent aussi très cher. Résultat, le prix de revient est passé de moins de 160 € la tonne de blé à « probablement plus de 250 €/t aujourd’hui », selon Benoît Piètrement qui cite les données d’Arvalis (institut technique). C’est même plus de 300 €/t en cas d’achat tardif des engrais, pour ceux qui ont vendu tôt une partie de leur récolte 2022, d’après lui. « Le prix de revient est extrêmement variable d’une exploitation à l’autre, en fonction de la stratégie » adoptée, considère Benoît Piètrement. Et d’alerter sur le besoin de « lisser au maximum les choses pour éviter cet effet de ciseaux qui aurait des conséquences dramatiques ».

Les engrais à des prix records

Le conseil spécialisé Grandes cultures a souligné le 13 avril le renchérissement des engrais. « Les prix de l’urée ont augmenté de façon spectaculaire en mars », en lien avec les restrictions russes à l’export et la hausse des prix du gaz naturel qui a réduit la production en Europe, a indiqué Marc Zribi, chef de l’unité Grains et sucre. Au 7 avril, elle a atteint 859,81 $/t (+117 % sur un an). Les prix du DAP (di-ammonique phosphate) ont quant à eux atteint des records le mois dernier, sous l’effet d’« une combinaison de facteurs » : une forte demande de l’Inde et des pays d’Amérique du Sud, des problèmes d’approvisionnement liés à la situation dans la région de la mer Noire et l’interdiction d’exporter des phosphates de Chine. Au 7 avril, il a atteint 1 047,2 $/t (+78 % sur un an). FranceAgriMer pointe notamment l’appel d’air du Brésil, dont les importations totales d’engrais atteignent cette année 10,43 Mt jusqu’en mars (+27,4 % par rapport à la même période l’an dernier).

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Pour l’heure, ces hausses de prix des intrants sont compensées par la flambée des céréales. Le blé a marqué des records en mars, dans une fourchette « de l’ordre de 400 à 440 $ la tonne » Fob (« free on board », sans les frais de transport et afférents) selon les origines. Cela représente environ +60 % à +70 % sur un an. Des évolutions similaires sont notées pour les orges. Côté maïs, FranceAgriMer note une même situation de très forte hausse des cours.

Le prix de revient du blé est passé de 160 €/t à 250 €/t