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France Export Céréales Céréales : la qualité française ne progresse pas assez vite à l’export

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La qualité de l’offre française des blés et des orges ne progresse pas assez vite à l’export vers les pays tiers, a constaté la filière céréalière française, lors d’une matinée d’information et d’échanges qui s’est tenue le 20 mars, organisée par France Export Céréales.

La filière céréalière française a identifié ses failles à l’exportation vers les pays tiers et a attiré l’attention sur l’importance vitale de la qualité pour ne pas perdre des marchés, lors d’une matinée d’information et d’échanges organisée par France Export Céréales.

La qualité de l’offre française stagne

Au Maroc, client fidèle et bon connaisseur des qualités françaises de blé, les meuniers, compétents et formés, pourraient être tentés de simplifier leurs mélanges de blés en achetant davantage de blés de force russes, allemands, américains et argentins pour produire une farine « tous terrains », a alerté Yann Lebeau, responsable du bureau de France Export Céréales pour l’Afrique de l’Ouest, à Casablanca. Vue du côté des acheteurs marocains, la qualité de l’offre française stagne. En face, la qualité des blés offerts par les compétiteurs russes et ukrainiens est irrégulière, et la quantité connaît d’importantes fluctuations d’une récolte sur l’autre. Mais ces exportateurs récemment arrivés sur le marché, et très présents aux Proche et Moyen-Orient, améliorent la qualité et arriveront un jour à réduire le problème des punaises dans leurs cargaisons, a ajouté Yann Lebeau. De plus, ces blés présentent des teneurs en protéines de 12 à 13%, alors que les blés français en contiennent 11%, voire moins. « Les Marocains sont des clients fidèles, mais jusqu’à quand ? Ce sont des acheteurs ouverts à toutes les origines, tandis que le rapport qualité-prix des blés français est en baisse face à des concurrents toujours plus agressifs », a conclu Yann Lebeau.

Les moulins mis en concurrence en Égypte

Outre cette vigilance nécessaire sur la qualité, les opérateurs français doivent aussi s’adapter à une nouvelle donne sur un des premiers marchés céréaliers du monde, le marché égyptien. La réforme du système de subventions au pain en Égypte conduira vraisemblablement les moulins à se concurrencer entre eux sur le prix et la qualité. Dans ce pays où la population s’accroît de deux millions d’habitants par an, où le taux de pauvreté s’accroît et où le gaspillage de céréales atteint 10 à 15% des approvisionnements faute de silos, le gouvernement, sous pression du Fonds monétaire international, met en place une réforme du système de subvention, a indiqué Roland Guiragossian, responsable du bureau de France Export Céréales au Caire. Les subventions ne devraient plus être accordées au bénéfice de boulangers, la farine subventionnée étant fréquemment revendue au marché noir, mais au consommateur final de pain, qui recevra un chèque. Ce nouveau régime, plus libéral, déjà expérimenté en Iran, amènera le pain à être vendu à son prix réel.
Les rôles des acteurs de la filière égyptienne devraient s’en trouver bouleversés, selon Roland Guiragossian : rôle réduit du Gasc, l’office d’État céréalier égyptien, augmentation du rôle des importateurs privés et survie des moulins les plus performants seulement. Dans ce nouveau paysage, les atouts du blé français sont la régularité de la production et la conformité des qualités françaises aux boulangeries industrielles qui devraient s’implanter. Mais l’écueil est le taux de protéine insuffisant et le prix.

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