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Bioéthanol Céréaliers et betteraviers présents pour la première fois au Mondial de l’Auto

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Pour la première fois, les céréaliers et betteraviers français sont présents au Mondial de l’Automobile qui se tient à Paris du 30 septembre au 15 octobre. Objectif : développer l’image du bioéthanol auprès du grand public.

Jean-François Loiseau, président de la commission énergie renouvelable de l’Association générale des producteurs de blé, a indiqué, le 29 septembre au Mondial de l’Automobile, qu’en 2010 « les objectifs de 7 % d’incorporation d’éthanol fixés par le plan biocarburant nécessiteront 350 000 hectares de céréales, ne posant aucun problème de disponibilité, ni de concurrence avec celles consacrées à l’alimentation humaine ou animale ». Jacques Rousseau, chargé des questions de bioéthanol pour la Confédération générale des planteurs de betteraves, a précisé « qu’un hectare de betterave permet d’obtenir trois fois plus de bioéthanol qu’un hectare de maïs ». De leur côté, les centres Leclerc ont réaffirmé leur objectif de 210 stations à l’E5 (5 % de bioéthanol incorporé) début 2007 et 15 % de toutes ses stations à l’E85 courant 2007.

Les pétroliers et les constructeurs demandeurs de biocarburants

Ce Mondial de l’Automobile est aussi l’occasion pour les pétroliers et les constructeurs de montrer avec force qu’ils sont demandeurs de biocarburants. « Nous aurons besoin de trois millions de tonnes (Mt) de biodiésel par an dans les prochaines années », a déclaré Jean-Louis Schilansky, délégué général de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), lors d’une conférence organisée par Proléa le 3 octobre. La consommation de gazole ne fait qu’augmenter. Elle devrait passer de 30 millions de tonnes à 36 Mt dans les prochaines années. Sur les 6 Mt de consommation supplémentaire, les pétroliers pensent pouvoir en produire trois millions grâce à des extensions de capacités industrielles et disposer de trois autres millions en provenance du biodiesel. Les pétroliers, « préoccupés » par la dépendance accrue en gazole, comptent sur les esters d’huile pour l’atténuer. On notera que sur les 6 Mt supplémentaires, 3 seront imputables au fioul domestique, qui devra présenter une qualité comparable à celle du gazole routier. M. Schilansky a ajouté que « les biocarburants font partie de ces nouvelles énergies qu’il faut promouvoir, parce qu’un jour il faudra bien remplacer le pétrole».

De son côté, Gérard Belot, expert biocarburants du groupe PSA Peugeot-Citroen, a évoqué une politique qui prendrait en compte les vertus des biocarburants en matière d’effet de serre, car ils ne rajoutent pas de CO2 dans l’atmosphère. Cette politique pourrait prendre la forme d’une taxation du CO2 émis, et d’une exonération des biocarburants. « Il ne faut pas attendre d’être au pied du mur pour réagir», a-t-il conclu.

À propos de politique fiscale, Xavier Beulin, président de Proléa, a tenu à rappeler les conclusions d’une étude de PriceWaterCooperHouse qui indiquent que la production de biocarburants génère quasiment autant de taxes sociales que l’exonération dont elle bénéficie.

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5 000 autos flex fuel

Par ailleurs, en marge du Mondial de l’Auto, mais au même moment, le pôle de compétitivité Industries et Agro-Ressources, basé en Champagne-Ardenne et Picardie, a fait savoir qu’il met en œuvre son projet de 5 000 véhicules flex fuel. Ce projet avait été évoqué par Bernard Mary, président du pôle et directeur général de la caisse de Crédit agricole du Nord-Est, le 1er juin lors de la venue du ministre de l’Industrie à Châlons-en-Champagne, François Loos. Signalons par ailleurs que Passion Céréales et la Confédération générale des planteurs de betterave (CGB) ont lancé, à l’occasion du Mondial de l’Auto, un site d’information sur le bioéthanol, dont l’adresse est : ‹www. bioethanolcarburant. com›. Ce site, qui sera actualisé en temps réel, regroupe l’ensemble des informations relatives au bioéthanol, chiffres clés, développement mondial, production, etc., ainsi que les communiqués, dossiers et études publiés sur le sujet. Également disponibles : un film, une photothèque, et, pendant la durée du Mondial, des témoignages audios des différents acteurs de la filière, diffusés dans une chronique consacrée au bioéthanol sur Europe 1.

Enfin, la CGB fait part dans un communiqué de sa « satisfaction » devant les mesures annoncées récemment par le gouvernement pour l’éthanol, mais de son « incertitude » quant à la réelle volonté politique de l’UE de privilégier le bioéthanol communautaire plutôt qu’importé. « Incertitude également sur la contractualisation de la matière première agricole à un prix qui permette une juste répartition de la valeur ajoutée entre les différents acteurs de la filière de production », ajoute-t-elle.

Agréments industriels : prochain feu vert à 1,1 Mt de nouvelles capacités

Le gouvernement notifiera prochainement 1 100 000 tonnes de biocarburants aux opérateurs retenus dans l’appel à candidature de juillet dernier, selon un communiqué conjoint des ministères de l’Agriculture et de l’Industrie, publié le 29 septembre. Cet appel à candidature fait suite aux annonces de Dominique de Villepin au dernier Salon de l’agriculture, portant sur 900 000 tonnes de biodiesel et 200 000 tonnes d’éthanol. Les agréments des capacités de production ouvrent le droit aux allégements de la fiscalité sur les produits pétroliers. Depuis mai 2005, les agréments délivrés susciteront la construction de 21 nouvelles usines, 15 de biodiésel, 6 d’éthanol.

Suite à cette annonce, des professionnels de la filière éthanol ont détaillé la répartition des 200 000 tonnes : 30 000 tonnes pour l’usine Tereos-Origny (ce qui porte ses agréments à 75 000 tonnes) ; 7 500 tonnes pour Tereos-Lillebonne (soit un total de 152 500 tonnes pour cette usine) ; 22 500 tonnes pour Cristanol-Bazancourt (soit un total de 165 500 tonnes pour cette usine) ; 20 000 tonnes pour ABF-Lacq (soit un total de 120 000 tonnes) ; 35 000 tonnes pour Soufflet (soit un total de 80 000 tonnes pour cette usine) et 35 000 tonnes pour Roquette (soit un total de 95 000 tonnes pour cette usine). À ces 150 000 tonnes réparties entre les six nouvelles usines, s’ajoutent des agréments pour la production de 50 000 tonnes attribués aux usines existantes, à partir de 2008. De plus, le gouvernement a annoncé le renouvellement d’agréments détenus par ces unités existantes pour un volume de 72 000 tonnes qui arriveront à échéance en 2009.