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Approvisionnement Céréaliers et éleveurs : un contrat pour l’approvisionnement en paille

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Un contrat type céréaliers/éleveurs a été présenté le 20 mai par Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, lors d’un déplacement dans l’Eure, pour assurer l’approvisionnement en paille dans les élevages. Accompagné de Christophe Chambon, secrétaire général des jeunes agriculteurs, Dominique Barrau a expliqué les modalités de ce contrat et profité de l’occasion pour faire un tour de plaine autour d’Evreux dans l’Eure. La FNSEA répond ainsi à la demande du ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, formulée une semaine auparavant, et demandant la création de contrats entre céréaliers et éleveurs fixant les quantités et les prix des pailles.

«A l’exemple de ce qui se fait entre les départements de l’Eure et de la Manche, des contrats sur l’approvisionnement en paille vont être proposés aux céréaliers et aux éleveurs », a indiqué Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, lors d’une visite dans l’Eure le 20 mai. « Il faut battre le terrain pour que ce genre de démarche se développe, et ainsi sécuriser les approvisionnements en pailles pour les éleveurs », a déclaré Dominique Barrau.

S’organiser plutôt que d’être contraint
« Ce contrat est une preuve de la capacité d’organisation des agriculteurs entre eux. C’est une erreur que d’empêcher les agriculteurs de broyer leurs pailles sans prendre en compte les spécificités des exploitations, ainsi que leur hétérogénéité », a souligné Régis Chopin, président de la FDSEA de l’Eure. D’ailleurs, recevant Bruno Le Maire sur son exploitation le 23 mai, Régis Chopin a voulu montrer l’état des cultures, mais aussi les dispositifs déjà mis en place entre les céréaliers de l’Eure et les éleveurs de la Manche. « Mieux vaut des opérations volontaires et solidaires d’échanges de pailles », a expliqué Régis Chopin. On observe d’ailleurs des blés courts dans la zone, laissant présager de faibles disponibilités en pailles cette année. Selon Régis Chopin, « dans les parcelles de blé, là où habituellement l’on récoltait 3t/ha de paille, il n’y en aura qu’une cette année ». Et, selon lui, malgré une hausse des surfaces en blé, les récoltes de pailles devraient être limitées. Pour Dominique Barrau, « mieux vaut montrer au ministre la solidarité des producteurs entre eux, plutôt que de leurs imposer des règles difficiles à tenir, telle que l’interdiction de broyage des pailles, compte tenu de leur rareté dans certaines parcelles ».

Un contrat type arbitré par les FDSEA
Les contrats proposés encadrent les qualités et quantités de pailles à transférer d’une exploitation à l’autre, le moment de déclenchement de ces transferts, les prix, se situant entre 15 et 23€/t, ainsi que les modalités logistiques. Des conditions de résiliation des contrats, ainsi que de garantie de leur bon déroulement ou de conciliation en cas de litiges sont aussi définies. Les FDSEA décidant de se lancer dans cette démarche joueront les arbitres en cas de non-respect du contrat par l’une des parties. Ainsi, « si un éditeur ne vient pas retirer la paille qui lui est réservée, les FDSEA mettront en œuvre l’enlèvement des pailles, pour pallier les risques d’incendies notamment », a expliqué Dominique Barrau. Pour faciliter les échanges de pailles, la FDSEA de l’Eure a mis en ligne un site internet (www.solidaritefourrage.fdsea27.fr). Celui-ci permettra de recenser et d’informer les éleveurs des qualités et quantités de fourrage, exprimées en tonnes par hectare, proposées par les offreurs pour des dons ou des ventes.

Un contrat qui pourrait souffrir du marché
Cependant, reste le problème du prix des pailles. Si dans le contrat, un prix indicatif du coût agronomique de la paille est suggéré, entre 15 et 22€/t, soit l’équivalent de 4kg d’azote, 2kg de phosphore, 10kg de potassium et de 150kg d’humus par tonne de paille, le prix proposé dans les contrats entre l’Eure et la Manche sont déjà aux alentours des 23€/t. De plus, Régis Chopin a déploré que « le bureau commun des pailles et fourrages ait annoncé, mi-mai, le prix de 25€/t pour la valeur agronomique de la paille en andains, sans avoir commencé les cotations plus tôt pour permettre de conclure des contrats sur des prix inférieurs ». Enfin, le marché risque de détourner les agriculteurs de ce type de contrats avec la hausse sensible des cours de la paille et des fourrages ces dernières semaines. Par endroit, les andains sont déjà négociés à 40€/t, et des pays comme la Belgique, qui achète traditionnellement des pailles en France, pourraient aussi payer des prix supérieurs. Ainsi, les prix de marché pourraient rendre moins efficients les systèmes de solidarité sous contrat entre céréaliers et éleveurs.

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